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Isolation d'hiver vs isolation d'été : comprendre leurs différences et comment choisir le bon isolant en 2026 pour vos factures d'énergie

Lorsqu’il s’agit d’isolation thermique, on pense souvent aux économies de chauffage en hiver. Pourtant, avec des étés de plus en plus chauds, une question s’impose : votre logement est-il capable de rester frais lorsque le thermomètre grimpe en flèche ? Eh oui, tous les isolants ne se valent pas face à la chaleur. Certains excellent pour conserver la chaleur en hiver, tandis que d’autres offrent un meilleur confort en été. Alors, comment trouver le bon équilibre pour profiter d’une maison agréable toute l’année sans faire exploser ses factures d’énergie ? On vous aide à y voir plus clair.

Sommaire

À retenir 

  • Une isolation performante ne repose pas uniquement sur la résistance thermique (R). Le déphasage thermique, qui ralentit la pénétration de la chaleur, est essentiel pour préserver le confort d’été et éviter les surchauffes.
  • Pour bénéficier d’aides comme MaPrimeRénov’, des niveaux minimaux de résistance thermique sont requis (de 3 à 7 m² K/W selon les parois), tandis qu’un déphasage de 10 à 12 heures ou plus est recommandé pour un bon confort estival.
  • Les isolants biosourcés (fibre de bois, ouate de cellulose, chanvre, liège) offrent généralement les meilleures performances d’été, tandis que le choix de l’isolation doit aussi tenir compte du bâtiment, du climat et de la technique retenue (combles, ITI ou ITE).

Pourquoi une maison bien isolée en hiver peut-elle surchauffer en été ?

La réponse est simple, Jamy, et elle est liée à deux phénomènes physiques bien connus. Le premier, c’est la résistance thermique (R). Elle limite les échanges de chaleur entre l’intérieur et l’extérieur. C’est idéal en hiver, car la chaleur produite dans le logement s’échappe moins facilement. Mais en été, cette même isolation peut devenir un inconvénient. En effet, dès que de la chaleur pénètre dans la maison (par les fenêtres exposées au soleil ou par les appareils électriques) elle a plus de mal à ressortir. La chaleur s’accumule alors progressivement à l’intérieur.

C’est là qu’intervient le second paramètre qui est le déphasage thermique. Il correspond à la capacité d’un matériau à ralentir la progression de la chaleur à travers les parois. Plus le déphasage est important, plus la chaleur extérieure met de temps à atteindre l’intérieur du logement.

Une maison très isolée mais dotée d’un faible déphasage, ou mal protégée du soleil, peut donc laisser entrer rapidement la chaleur tout en l’empêchant de s’évacuer.

Pour garantir un bon confort d’été, il ne suffit donc pas d’avoir une forte résistance thermique. Il faut aussi retarder l’entrée de la chaleur grâce à un bon déphasage, limiter les apports solaires et pouvoir évacuer la chaleur accumulée, notamment la nuit.

Le déphasage thermique dépend de plusieurs caractéristiques physiques de l’isolant, notamment sa densité, son épaisseur et sa capacité à stocker la chaleur. Des notions qui peuvent sembler techniques au premier abord, mais qui sont en réalité assez simples à comprendre. Voyons cela plus en détail :

  • Déphasage thermique : temps nécessaire à la chaleur pour traverser un matériau isolant.
  • Capacité thermique massique : quantité de chaleur qu’un matériau peut stocker avant que sa température n’augmente.
  • Densité du matériau : masse du matériau rapportée à son volume, exprimée en kg/m³. Les matériaux les plus denses peuvent généralement stocker davantage de chaleur.
  • Inertie globale du bâtiment : capacité de l’ensemble du logement (murs, planchers, cloisons, mobilier, etc.) à absorber puis restituer progressivement la chaleur.
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Comment bien choisir son isolant thermique ?

Tous les isolants ne se valent pas. Certains excellent en hiver, d’autres offrent un meilleur confort lors des fortes chaleurs. Quelles sont les informations clés à prendre en compte dans le choix de l’isolant ?

La résistance thermique (R), une notion clé dans le choix de l'isolant

La résistance thermique (R) est le principal indicateur utilisé pour évaluer la performance d’un isolant. Plus la R est élevée (une résistance thermique de 4 pour les murs et les planchers bas et 8 pour la toiture¹ ), plus l’isolant est performant. Pour connaître la valeur R d’un isolant il suffit de faire le rapport entre l’épaisseur en mètres (m) et la conductivité thermique lambda λ du matériau.

Formule : R = e / λ.

Par exemple, pour un isolant de 20 cm d’épaisseur (0,20 m) dont la conductivité thermique est de 0,040 W/m.K, la résistance thermique est de :

R = 0,20 / 0,040 = 5 m² K/W

Dans le cadre de la rénovation énergétique d’un logement, cette notion est importante car elle joue dans l’octroi de certaines aides énergétiques, comme MaPrimeRénov’. Par exemple, le niveau de résistance thermique minimal à atteindre pour l’isolation des parois opaques est de R²:

  • 3,0 m² K/W pour les plancher bas sur sous-sol, sur vide sanitaire ou sur passage ouvert
  • 3,7 m² K/W pour les murs en façade ou en pignon
  • 4,5 m² K/W pour les toitures terrasses
  • 6 m² K/W : rampants de toitures, plafonds et de combles aménagés
  • 7 m² K/W : pour les planchers de combles perdus

En hiver, une bonne résistance thermique réduit les pertes de chaleur à travers les parois, ce qui améliore directement le confort intérieur. Par ailleurs, en limitant les déperditions thermiques, le chauffage est moins sollicité et les factures d’énergie diminuent 😉.

Le déphasage thermique à ne pas sous-estimer

Le confort thermique d’un logement ne repose pas sur les mêmes mécanismes en hiver et en été. Si on parle de résistance thermique en hiver, c’est le déphasage thermique qui a un rôle déterminant lors de fortes chaleurs.

Par temps chaud, l’idée est de limiter les apports de chaleur extérieurs (soleil, air chaud, rayonnement sur la toiture et les façades). Une isolation conçue uniquement pour l’hiver peut alors montrer ses limites.

Le déphasage thermique est étroitement lié à l’inertie thermique, c’est-à-dire la capacité d’un matériau à absorber, stocker puis restituer la chaleur dans le temps. En règle générale, plus un matériau est dense, plus son inertie est élevée et plus il ralentit les variations de température. Le béton en est un bon exemple.

Si vous ne souhaitez pas que votre logement devienne une fournaise en plein été, privilégiez un isolant avec un déphasage thermique élevé, environ d’une dizaine d’heures.

  • Moins de 6 heures : déphasage faible → la chaleur traverse rapidement la paroi, confort d’été limité ;
  • 6 à 10 heures : déphasage correct → protection moyenne contre les surchauffes ;
  • 10 à 12 heures et plus : bon à très bon déphasage → la chaleur arrive tard, souvent en soirée ou la nuit ;
  • 12 heures et plus : excellent déphasage → pic de chaleur fortement atténué dans la journée.

Contrairement à la résistance thermique (R) ou à la conductivité thermique (λ), le déphasage n’est pas toujours indiqué sur l’emballage de l’isolant. Sachez qu’avec quelques informations en main, vous pouvez vous-même la calculer ! Pour cela, vous devez connaître : la densité (kg/m³), la conductivité thermique λ (W/m·K – Watt par mètre Kelvin), la capacité thermique massique c (J/kg·K), l’épaisseur (mm).

Dans l’exemple ci-dessous, les propriétés du matériau et sa densité sont résumées sous le terme de « diffusivité », notée « a » dans le calcul. Sa valeur est « conductivité thermique / (densité x capacité thermique) ».

Déphasage = e * 1.38 / √a

Exemple de calcul

Pour la fibre de bois avec un lambda de 0,037, une densité de 50kg/m³, une capacité thermique de 2100J/kg·K (soit 0,58 Wh/m.K) et 25 cm d’épaisseur (e = 0,25), on a :

a = 0,037 / (50 x 0,58) = 0,001275862068
√a = 0,03571921135
Déphasage = 0,25 * 1.38 / √a = 9,65

Ainsi, de manière simplifiée on considère que la chaleur qui arrive vers 11h aura traversé la paroi vers 20h40. En réalité, une partie de cette chaleur aura déjà commencé à se dissiper vers l’extérieur au moment où les températures redescendent.

Ce qu’il faut retenir, c’est que pour estimer si un isolant offre un bon déphasage, on regarde généralement trois caractéristiques :

  • Une faible conductivité thermique (λ) ;
  • Une densité élevée (ρ) ;
  • Une forte capacité thermique massique (Cp).

La ouate de cellulose, la laine de bois ou le liège présentent généralement de meilleurs déphasages que les isolants plus légers comme la laine de verre ou le polyuréthane.

Quelles sont les différentes catégories d'isolants thermiques et leur prix ?

Les isolants minéraux, les isolants synthétiques et les isolants biosourcés sont les trois grandes familles d’isolants.

Les isolants minéraux

Les isolants minéraux sont largement utilisés dans les logements français¹. Ils sont fabriqués à partir de matières premières minérales fondues puis transformées en fibres.

Les principaux sont :

  • La laine de verre⁴ : entre 3 et 10 € TTC/m² ;
  • La laine de roche⁴ : entre 5 et 12 € TTC/m² ;
  • Le verre cellulaire⁵ : entre 35 et 45 € TTC/m².

Ils affichent généralement une conductivité thermique (λ) comprise entre 0,030 et 0,050 W/m.K⁶ selon les matériaux. En revanche, leur faible densité peut limiter leurs performances en été.

Les isolants synthétiques

Les isolants synthétiques sont issus de la pétrochimie. Grâce à leur très faible conductivité thermique, généralement comprise entre 0,021 et 0,038 W/m.K⁶, il en suffit de peu pour bien isoler la pièce. C’est pourquoi on les apprécie lorsque l’espace disponible est limité.

Les principaux matériaux sont :

  • Le polystyrène expansé (PSE)⁴ : entre 20 et 25 € TTC/m² ;
  • Le polystyrène extrudé (XPS)⁷ : entre 22 et 28 € TTC/m² ;
  • Le polyuréthane (PUR)⁴ : entre 15 et 28 € TTC/m².

Leur performance en confort d’été est généralement inférieure à celui des isolants biosourcés à forte densité.

Les isolants biosourcés

Les isolants biosourcés sont fabriqués à partir de matières premières renouvelables d’origine végétale ou recyclée. Les plus courants sont :

  • La fibre de bois⁴ : entre 10 et 12 € TTC/m²;
  • La ouate de cellulose⁴ : entre 30 et 35 € TTC/m² ;
  • Le chanvre⁴ : entre 12 et 15 € TTC/m² ;
  • Le liège expansé : entre 35 et 40 € TTC/m² (pour une épaisseur recommandée entre 40 et 60mm) ;
  • La laine de coton recyclée⁴ : entre 14 € et 30 € TTC/m².

Leur conductivité thermique se situe généralement entre 0,038 et 0,045 W/m.K. Leur résistance thermique est donc comparable à celle de nombreux isolants minéraux à épaisseur équivalente. Dans certains cas, le déphasage thermique peut atteindre 10 à 12 heures, ce qui en fait un excellent allié pour le confort d’été.

Tableau de spécifications techniques (Comparatif des isolants : Performance Hiver vs Été)

Matériau isolant

Performance Hiver (Résistance thermique R)

Performance Été (Déphasage horaire moyen)

Densité moyenne (kg/m3)

Capacité thermique massique

Fibre de bois

Excellente (λ 0,038)

Maximale (10 à 12h)

40 à 150 (Élevée)

Très élevée (~ 2100 J/kg.K)

Ouate de cellulose

Excellente (λ 0,039)

Très forte (8 à 10h)

35 à 60 (Moyenne)

Élevée (~ 1900 J/kg.K)

Laine de roche

Très bonne (λ 0,035)

Modérée (5 à 6h)

20 à 50 (Moyenne)

Moyenne (~ 1030 J/kg.K)

Laine de verre

Excellente (λ 0,032)

Faible (3 à 4h)

10 à 25 (Faible)

Faible (~ 840 J/kg.K)

Quelle isolation pour les combles et les murs ?

L'isolation des combles

Selon l’ADEME, les combles représentent l’un des principaux postes de déperdition thermique d’un logement mal isolé². L’isolation des combles peut être faite avec des isolants en rouleaux de laine de verre, de laine de roche, ou de laines issues de matières naturelles (bois, chanvre, laine de mouton) ou en fibres textiles recyclées.

Pour les combles aménageables, la ouate de cellulose et la laine de bois en vrac figurent parmi les solutions les plus pertinentes. Elles offrent un bon compromis pour un confort similaire été comme hiver.

L'isolation thermique par l'intérieur (ITI)

L’isolation thermique par l’intérieur (ITI) reste la solution la plus courante en rénovation lorsqu’il est difficile de modifier l’aspect extérieur du bâtiment. Les matériaux les plus utilisés sont la laine de verre, la laine de roche, le polystyrène expansé, la fibre de bois, le chanvre, le liège expansé.

L'isolation thermique par l'extérieur (ITE)

L’isolation thermique par l’extérieur (ITE) représente un investissement généralement plus important que l’isolation par l’intérieur. Elle implique souvent des adaptations techniques, notamment au niveau des ouvertures, des évacuations d’eaux pluviales et de l’aspect de la façade, ce qui nécessite en règle générale une autorisation d’urbanisme. Plusieurs procédés peuvent être utilisés :

  • L’ITE sous enduit, qui consiste à fixer des panneaux isolants sur les murs puis à les recouvrir d’un treillis et d’un enduit de finition -> solution la plus économique.
  • L’ITE sous bardage, où l’isolant est installé sur une ossature rapportée puis protégé avant la pose d’un revêtement extérieur ventilé. Pour limiter les ponts thermiques créés par l’ossature, une seconde couche d’isolant croisée est souvent recommandée.
  • L’ITE par enduit isolant, réalisée à l’aide de mortiers isolants minéraux ou biosourcés appliqués directement sur les façades. Cette technique est particulièrement adaptée au bâti ancien, car elle favorise les échanges de vapeur d’eau et contribue à une bonne régulation de l’humidité.

L’isolation thermique par l’extérieur (ITE) est généralement considérée comme la solution la plus performante pour les murs. L’ADEME souligne qu’elle permet de traiter davantage de ponts thermiques, de conserver l’inertie thermique des murs, sans réduire la surface habitable.

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Un choix dépendant du bâtiment et du climat...

Vous l’aurez compris, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise solution, le tout est de choisir celle qui convient le mieux à votre projet. Dans une région au climat froid, la priorité pourra être donnée à la résistance thermique et à la réduction des besoins de chauffage. À l’inverse, dans les zones régulièrement touchées par les vagues de chaleur, le confort d’été est un critère déterminant.

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Aussi, l’exposition du logement, la présence ou non de combles aménagés, l’inertie des murs existants, le niveau d’ensoleillement et la ventilation du bâtiment influencent également les performances de l’isolation.

C’est pourquoi les professionnels recommandent aujourd’hui d’évaluer simultanément les performances hivernales et estivales des matériaux plutôt que de se limiter à la seule valeur de résistance thermique.

...orienté par un avis d'expert!

L’isolant est un critère essentiel pour votre confort futur. C’est pourquoi, avant de vous lancer dans cette quête, on recommande de contacter un conseiller France Rénov’ en amont.

Les conseillers France Rénov’ vous aident à identifier les meilleures solutions en fonction de votre logement, de la région d’habitation et de vos besoins. Ils aiguillent également sur les aides financières disponibles et orientent vers des professionnels qualifiés RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). Cette qualification, reconnue par l’État, est généralement indispensable pour accéder aux principales aides à la rénovation énergétique (comme MaPrimeRénov’ ou l’Éco PTZ).

Pour contacter un conseiller France Rénov’, c’est par là : Trouver un conseiller France Rénov’

¹Tout sur l’Isolation : Une isolation performante

²Legifrance : Arrêté du 17 novembre 2020

³Que Choisir : Comment choisir le bon isolant ?

Allotoiture : Prix laine de verre : comparatif

Effy : Verre cellulaire : l’isolant performant et écologique

Tout sur l’isolation : Comment mesurer la performance d’un isolant ?

Point P : Le polystyrène extrudé, un isolant concentré en avantages

Ootravaux : Prix panneaux liège expansé

Concernant les tarifs : ils varient selon l’épaisseur de l’isolant, son conditionnement (rouleaux, panneaux ou vrac) et sa performance thermique. Les prix indiqués ici correspondent à des isolants conditionnés en rouleaux, pour une épaisseur de 100 mm.

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