Bilan carbone voyage : comment l'estimer et le réduire ?
Avion, TGV, autocar, véhicule électrique ou bien bonne vieille voiture diesel : chaque voyage laisse une empreinte sur l’environnement. Si l’avion est souvent pointé du doigt, le transport n’est pas le seul responsable. L’hébergement, les repas, les activités ou encore les achats sur place contribuent eux aussi au bilan carbone d’un séjour. La bonne nouvelle : quelques réflexes suffisent pour estimer son impact et faire des choix plus responsables, sans renoncer au plaisir de voyager.
- Eve Estingoy
- Publié le
- Mise à jour le 29/07/2026
Sommaire
À retenir
- Le bilan carbone complet d’un voyage prend en compte le transport, l’hébergement, l’alimentation, les activités et les achats. Une partie peut être estimée grâce au calculateur de l’ADEME basé sur des facteurs d’émission.
- Le tourisme représente près de 9 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales et génère 97 millions de tonnes de CO2 par an en France, dont les deux tiers sont liés aux transports.
- Privilégier le train, les destinations proches, le covoiturage ou la voiture électrique, ainsi qu’un hébergement engagé en adoptant quelques écogestes à la maison, permet de réduire significativement l’empreinte carbone de ses voyages et lutter contre le dérèglement climatique.
Comment calculer le bilan carbone d’un voyage et pourquoi est-ce important ?
Avec 97 millions de tonnes d’émissions de CO2 engendrés par le tourisme en France, dont les deux tiers sont directement liés aux transports1, s’intéresser à son propre bilan carbone lors d’un voyage devient un vrai bon réflexe citoyen. Avec quelques outils, on peut facilement l’estimer.
Bilan carbone voyage : qu’est-ce que c’est ?
Le bilan carbone mesure la quantité de gaz à effet de serre émise par une activité ou une entité humaine.
De quoi se compose un bilan carbone voyage ?
Que ce soit pour un séjour à l’étranger, une escapade en Europe, des vacances à l’autre bout du monde ou un week-end dans sa région, différents paramètres doivent être regardés :
- le transport : c’est le critère qui impacte le plus l’empreinte d’un voyage et qui n’est ainsi pas à négliger nous le verrons.
- l’hébergement : le choix de votre logement – toile de tente dans un petit camping familial VS chambre haut de gamme dans grand complexe hôtelier avec parc aquatique – n’aura pas le même impact. Si les hôtels, les gîtes et les campings consomment beaucoup d’énergie en termes de climatisation, chauffage, éclairage, eau, de plus en plus de structures s’engagent sur le sujet des économies d’énergie. L’Écolabel européen est un très bon repère, de même que le label Ecogite ou Panda WWF pour les gîtes.
- l’alimentation : en mangeant local et de saison, idéalement des produits issus de l’agriculture bio, votre alimentation sera davantage décarbonée. Rendez-vous chez les producteurs fermiers, les marchés et restaurateurs locaux.
- les activités touristiques : si vous hésitez entre un parcours en quad et une randonnée à cheval, l’activité non motorisée l’emportera souvent en termes d’impact2 !
💡 Pour organiser des voyages plus éthiques et responsables, des plateformes de réservation voient le jour comme Fairbooking ou Fairbnb. Des agences d’excursions comme Secretoo se tournent davantage vers l’humain et l’éthique. Des guides spécialisés comme ceux des éditions Tao sont de précieux outils pour trouver des lieux et activités durables. |
Comment calculer le bilan carbone de mon trajet ?
Pour mesurer l’impact de votre empreinte carbone et faire le meilleur choix, le calculateur de l’ADEME, l’agence de la transition écologique, est un bon outil centré sur le transport, le poste représentant la plus grande part des émissions lors d’un séjour.
Le calculateur estime précisément les émissions de CO2 en prenant en compte :
- le moyen de déplacement utilisé parmi une quinzaine de possibilités,
- la distance parcourue,
- le nombre de passagers.
Pour choisir le mode de transport idéal pour votre trajet, indiquez soit la distance à parcourir, soit votre itinéraire.
Pour réaliser le calcul, l’outil de l’ADEME applique un facteur d’émission, c’est-à-dire un coefficient qui indique la quantité moyenne de CO₂ équivalent émise pour une unité d’activité. En multipliant ce coefficient par la distance du trajet, on obtient une estimation des émissions du déplacement.
Avec 34%, le secteur du transport est l’activité la plus émettrice de gaz à effet de serre en France. 126,8 millions de tonnes équivalent CO₂ étaient produites en 2023 3.
Pourquoi s’y intéresser ?
À l’échelle mondiale, le tourisme est responsable de près de 9% des émissions totales de gaz à effet de serre. Cette empreinte comprend les émissions directes de l’aviation et du transports routiers, les émissions indirectes liées aux services et à la production pétrolière et les émissions générées par les véhicules privés 4.
Si on zoome chez nous, la France est la première destination touristique mondiale depuis le milieu des années 1980. Le revers de la médaille : 97 millions de tonnes de CO2 sont émises par an. Avec 102 millions de visiteurs internationaux pour notre Hexagone et ses territoires d’outre-mer, l’impact sur l’environnement aggravant le réchauffement climatique est ainsi réel.
Ces chiffres donnent alors lieu à 3 constats :
- il est essentiel d’agir pour tenter de réduire son bilan carbone, d’autant plus que la France est largement impactée,
- si 102 millions de personnes 5 dans le monde se pressent chez nous, c’est que le territoire mérite sans doute de beaux détours et pas seulement le temps d’un week-end 😉
- il n’est sans doute pas indispensable de partir forcément à l’étranger pour être dépaysé.
Et si sillonner la France et ses environs proches de façon raisonnée, en évaluant son bilan carbone voyage, offrait une belle alternative pour des vacances plus responsables ?
Adopter le slow tourisme ou comment réduire le bilan carbone de ses vacances
La moitié des Français se dit soucieuse de son empreinte écologique pendant les vacances.
3 Français sur 4 plébiscitent un tourisme plus durable ou slow tourisme 1. Et cela passe avant tout par une mobilité durable, c’est-à-dire des modes de transport à faible impact environnemental.
🔎 Zoom sur le slow tourisme Le slow tourisme séduit de plus en plus avec trois valeurs fondamentales : le temps, l’espace et le retour aux sources. Ses objectifs :
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Quel est le transport le plus écologique pour voyager en France ?
Lors d’un déplacement, le mode de transport est le premier poste à prendre en compte pour envisager des alternatives plus durables. Le train apparaît comme le moyen de transport le moins émetteur de CO₂ grâce au mix électrique décarboné français.
Comparons les différents moyens de transport avec leur score carbone pour un aller-retour Lille Marseille7 :
TGV | Autocar thermique | Voiture électrique | Covoiturage thermique | Voiture thermique | Avion |
5,7 kg CO2 e | 77 kg CO2 e | 138 kg CO2 e | 146 kg CO2 e | 292 kg CO2 e | 374 kg CO2 e |
Idéale pour la longue distance | Bonne alternative économique | Recharge à domicile ou borne publique | Facile et économique grâce aux applications comme Blablacar | Souvent choisie par défaut pour un trajet | À réserver aux trajets sans alternative ferroviaire |
En quelques clics, le calculateur de l’ADEME permet de visualiser l’impact carbone d’un trajet pour un choix éclairé.
L’avion comme dernier recours
L’empreinte carbone transport la plus lourde pour l’environnement est celle de l’avion, sans surprise.
La compensation carbone
Certains diront qu’on peut compenser l’empreinte carbone d’un vol long-courrier. En réalité, la compensation carbone ne fait pas disparaître les émissions produites par le vol. Elle consiste à financer des projets (liés à la reforestation, la restauration d’écosystèmes, l’agriculture bas carbone) qui réduisent ou stockent des émissions ailleurs. Mais la priorité absolue reste d’abord de réduire les émissions, puis, seulement pour celles qui ne peuvent être évitées, de recourir à une compensation fondée sur des projets de qualité8.
Même si les progrès technologiques sur les avions sont réels, ils ne suffisent pas à compenser la hausse du trafic aérien9 indique le GIEC – Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.
Penser au TGV et au train
Les trains et TGV représentent un moyen éco-responsable de se déplacer vers son lieu de vacances ou lors de déplacements de travail.
Pour un trajet de 200 km, votre bilan carbone s’élèvera à :
- 0,59 kg CO₂e à bord d’un TGV
- 1,8 kg CO₂ e avec un train régional
- 28,5 kg CO₂e en choisissant la voiture thermique
- 44,9 kg CO₂ e par personne en avion7 !
Voyager en train en France émet jusqu’à 80 fois moins de CO2 que l’avion pour un même trajet.
Se laisser tenter par le réseau ferré ? Le réseau ferré français est le deuxième plus grand d’Europe. 15 000 trains fonctionnent chaque jour sur les 28 000 km de lignes exploitées10. De quoi vous emmener en vacances où bon vous semble en allégeant votre bilan carbone voyage. |
Envisager la voiture électrique et le covoiturage
Slow tourisme et mobilité douce font toujours bon ménage. Avec un peu d’anticipation, pourquoi ne pas partir en vacances en voiture électrique ou hybride rechargeable ? En étudiant quelque peu votre trajet et avec une carte de recharge multi-réseaux, c’est une bonne alternative pour une conduite éco-responsable, surtout si vous partez à plusieurs.
Par exemple, si vous visez des vacances au frais en France :
Pour un trajet d’environ 200 km, comme Avignon – Mende en Lozère, l’impact carbone de votre trajet sera de :
- 13,5 kg CO₂ e pour la voiture électrique,
- 3,37 kg CO₂ e par personne seulement pour un covoiturage à 4,
- VS 7,11 par personne pour un covoiturage en voiture thermique à 4.
Une fois sur place, la ville de Mende compte un minimum de 20 bornes de recharge, de quoi assurer votre autonomie11.
Une voiture électrique peut ainsi diviser par deux l’empreinte carbone de vos déplacements routiers par rapport à un véhicule thermique.
Et si vous donniez sa chance à la mobilité électrique pour les vacances ? ✅ 100% des aires d’autoroutes françaises sont équipées d’au moins une borne de recharge haute puissance (> 150 KW), transition énergétique oblige. ✅ plus de 2,7 millions de véhicules électriques et hybrides rechargeables sillonnent les routes françaises 12. |
La check-list pour un bilan carbone voyage au top
Pour des vacances responsables, on tente de penser à :
- une destination à moins de 500 km,
- voyager plus longtemps mais moins souvent,
- réserver un train ou TGV et anticiper son itinéraire,
- un hébergement labellisé ou écolabel européen,
- des déplacements doux sur place : vélo, marche, trottinette (c’est bon pour la santé !),
- des produits locaux et des circuits courts pour s’alimenter : marché producteurs locaux, ferme locale, etc.
En votre absence : les conseils écoresponsables pour votre logement
Votre voyage est prêt et optimisé ? Alors il est temps d’appliquer les bons gestes pour économiser l’énergie chez vous, quand vous n’y serez pas.
Check-list éco-responsable avant de partir :
- couper les veilles pour réduire jusqu’à 15 % votre facture d’électricité (hors chauffage et eau chaude), soit plus de 100 € / an
- débrancher votre box : une box restant allumée 24 h / 24 peut consommer plus de 200 kWh par an (ou la consommation d’un lave-linge) 13. En l’éteignant seulement la nuit, vous pouvez économiser environ 25 % de sa consommation électrique, alors imaginez pendant vos vacances !
- couper votre chauffe-eau si absence prolongée
- fermer les volets pour éviter à la chaleur ou au froid d’entrer
- régler votre chauffage ou climatiseur de façon adaptée
- vider votre frigo et/ou congélateur en cas de longue absence, surtout pour des appareils avec une étiquette énergie peu performante, allant jusqu’à G.
💡 Une offre d’électricité verte Pour réduire également l’empreinte carbone de son logement entre deux déplacements, il est possible d’opter pour l’offre d’un fournisseur d’électricité et de gaz vert. Avec l’Offre Classique, Ohm Énergie fournit une électricité 100 % d’origine renouvelable produite en France et certifiée par des garanties d’origine, une certification européenne assurant la traçabilité de l’électricité verte injectée sur le réseau. |
À vous de jouer pour tenter de rendre vos prochaines vacances aussi dépaysantes que ressourçantes, avec un bilan carbone voyage aussi minime que possible.
Sources
1 Notre-environnement.gouv – Partir autrement
4 Agenda2030.fr – Le tourisme figure parmi les principaux vecteurs du réchauffement climatique
5 Info.gouv.fr – La France reste la première destination mondiale en 2025
6 Direction Générale des Entreprises
7 Impact CO2 – Calculer impact carbone des moyens de transport
8 Ministère transition écologique
9 IPCC Sixth Assessment Report
10 SNCF
11 Chargemap
12 Observatoire français de la transition énergétique
13 ADEME
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