Isolation de toiture : pourquoi est-ce le premier travaux à réaliser pour réduire vos factures d'énergie ?
Quand on parle d’isolation, on pense d’abord aux fenêtres ou aux murs… et rarement au toit. Surtout dans une maison à étages : après tout, si vous vivez surtout au rez-de-chaussée, pourquoi isoler tout en haut ? Contre toute attente, l’isolation du toit est l’un des moyens les plus efficaces pour gagner en confort et faire fondre la facture de chauffage. On vous explique pourquoi.
Sommaire
📖 Résumé :
- Isoler son toit permet de conserver la chaleur, réduire jusqu’à 9 % de pertes thermiques dans les maisons d’avant 1974 et améliorer le confort et le DPE.
- La réglementation impose l’isolation lors de rénovations lourdes comme la réfection de toiture ou l’aménagement des combles, avec des résistances thermiques minimales selon la zone climatique (ex. R ≥ 4,5 m²·K/W pour une toiture-terrasse en zone H1).
- Le choix des isolants et techniques (combles perdus, habitables, toiture-terrasse) impacte coût et performance, avec un prix moyen pour les combles perdus entre 20 et 55 €/m² et possibilité de bénéficier de primes énergie CEE.
Pourquoi procéder à l’isolation du toit ?
L’air chaud est plus léger que l’air froid, il remonte naturellement et s’accumule sous le toit. C’est pour ça qu’il fait souvent plus chaud dans une chambre mansardée ou dans un appartement parisien situé sous les toits.
Par contre, si votre toiture est mal isolée et laisse l’air chaud s’échapper vers l’extérieur comme un gruyère 🧀 (dans une maison ancienne non isolée notamment celles construites avant 1974, environ 9 % de la chaleur se perd par le toit¹), vous risquez fort de frissonner, pousser le chauffage. Résultat : la facture bondit. CQDF.
À l’inverse, un toit bien isolé agit comme un couvercle bien ajusté (rassurez-vous, pas d’effet cocotte minute 🥘). La chaleur reste à l’intérieur, la température est plus stable, et le logement devient un véritable cocon. Exactement ce qu’on attend quand l’hiver s’installe !
En résumé, isoler son toit, c’est :
- Plus de confort thermique : une sensation de chaleur homogène, moins d’humidité et fini l’effet de paroi froide.
- Des économies d’énergie : une température adaptée, donc moins de chauffage et moins de dépenses.
- Une meilleure valeur verte : un DPE plus performant, un logement plus attractif… et plus facile à vendre ou à louer.
Le saviez-vous ?
Les logements les plus énergivores, avec un DPE médiocre (les fameuses passoires thermiques), sont peu à peu interdits à la location. Isoler votre toit, c’est améliorer votre DPE et continuer à louer sans souci !
L’isolation du toit est soumise à des réglementations
Surprise : dans certains cas, vous n’avez peut-être même pas le choix ! La loi peut vous obliger à isoler votre toit… Dans quel cas ? C’est ce qu’on va voir.
Obligation d’isolation du toit
Depuis le 1er janvier 2017, les pouvoirs publics ont rendu obligatoires les travaux d’amélioration de la performance thermique, dont l’isolation du toit, lors de certaines rénovations lourdes².
Concrètement, lorsqu’un propriétaire engage des travaux importants tels qu’une réfection de toiture, un ravalement de façade ou l’aménagement de locaux afin de les rendre habitables (combles, garages…), l’isolation thermique doit être réalisée conjointement.
L’objectif est simple : profiter de ces chantiers structurants pour améliorer durablement l’efficacité énergétique du bâtiment, car ces éléments ne sont généralement rénovés qu’une fois tous les décennies.
L’obligation concerne les bâtiments situés en France métropolitaine, qu’il s’agisse de logements individuels ou collectifs, mais aussi de bâtiments tertiaires comme les bureaux, hôtels, commerces ou établissements d’enseignement.
Certains bâtiments restent toutefois exclus, notamment les monuments historiques, les lieux de culte, les bâtiments non chauffés ou de petite surface, ainsi que les constructions provisoires.
En bref, si vous envisagez de ravaler votre façade, aménager vos combles ou refaire votre toiture, c’est le moment idéal pour isoler votre toit dans la foulée.
Certes, l’investissement peut faire grimacer sur le coup… mais vous retrouverez vite le sourire quand vous constaterez les bienfaits sur votre consommation et vos factures d’énergie 😉
C’est ce qu’on appelle faire d’une pierre deux coups !
Les exigences de la réglementation thermique
Isoler son toit, ça ne s’improvise pas ! Il ne suffit pas d’acheter le premier isolant venu au rayon bricolage. Encore faut-il qu’il réponde à des critères techniques bien précis.
La réglementation thermique impose des règles claires à suivre pour garantir une isolation efficace et conforme. Elle fixe des performances minimales à atteindre pour chaque type de toiture. Bien sûr, aller au-delà de ces exigences est toujours un plus, mais ne pas les respecter est interdit. Voici ce qu’il faut savoir pour être dans les clous.
La résistance thermique
La résistance thermique, notée R, mesure la capacité d’un matériau à retenir la chaleur. Plus R est élevé, plus le matériau est isolant.²
Pour être conforme, la résistance thermique de l’ensemble paroi + isolant doit toujours être supérieure ou égale à la valeur minimale fixée par la réglementation, qui varie selon la zone climatique.
Exemple concret : pour une toiture-terrasse en zone H1 (Nord), la résistance thermique minimale exigée est R ≥ 4,5 m²·K/W.
Quelles techniques d'isolation choisir ?
La technique d’isolation varie en fonction de si le toit est habitable ou non. Eh oui : on n’isole pas de la même façon un espace dédié aux cartons de souvenirs et aux babioles de famille, qu’une pièce pensée pour accueillir un proche et y vivre confortablement toute l’année.
Combles perdus
Les combles perdus sont des espaces non habitables situés sous la toiture. Dans ce cas, l’isolation du toit consiste à isoler le plancher des combles.
L’isolant est posé de manière continue sur toute la surface du plancher, afin de limiter les déperditions de chaleur entre le logement chauffé et les combles. L’isolation des combles est à la fois simple, rapide à mettre en œuvre et particulièrement économique. Elle peut être réalisée à l’aide de rouleaux ou d’isolants en vrac soufflés, comme la laine minérale ou la ouate de cellulose.
💡Une attention particulière doit être portée à la gestion de la vapeur d’eau, avec la pose d’un pare-vapeur côté intérieur, afin d’éviter les problèmes de condensation et de préserver la charpente.
Combles habitables
Lorsque les combles sont aménagés ou destinés à le devenir, l’isolation doit être réalisée sous les rampants du toit (la partie inclinée du toit, pas les créatures qui rampent 🐍).
Deux grandes techniques d’isolation existent.
L’isolation par l’intérieur
Elle consiste à poser des panneaux ou des rouleaux d’isolant entre et sous les chevrons, généralement en deux couches croisées, associées à une membrane pare-vapeur ou frein-vapeur. Cette solution est la plus courante en rénovation.
L’isolation par l'extérieur
L’isolation par l’extérieur, souvent appelée « sarking » (chemisage en français🇫🇷), implique de déposer la couverture pour insérer un isolant continu entre la charpente et les tuiles. Plus complexe et plus coûteuse, cette technique offre cependant d’excellentes performances thermiques, préserve la charpente et permet de conserver l’intégralité du volume habitable.
Sarking
Technique d’isolation du toit par l’extérieur (on soulève les tuiles). Idéal si on ne veut pas casser la déco intérieure ou si on veut installer du solaire ensuite.
Toiture terrasse
La toiture-terrasse (toit plat) nécessite une approche spécifique. L’isolation est généralement réalisée par l’extérieur, souvent lors de la réfection de l’étanchéité. Certaines techniques comme l’isolation inversée, où l’isolant sert de support à l’étanchéité, permettent de protéger l’isolant tout en assurant une excellente performance thermique.
💡 En revanche, isoler une toiture-terrasse par l’intérieur est fortement déconseillé, car cela peut entraîner des problèmes de condensation et dégrader durablement le bâtiment !
Quels isolants pour son toit ?
On le disait plus haut, pour isoler efficacement votre toit, il faut choisir un isolant qui répond à la réglementation thermique. Mais ce n’est pas tout ! Il doit aussi être performant et adapté à la technique utilisée.
Un isolant certifié
Voici quelques exemples de certifications qui garantissent que l’isolant est fiable et de qualité¹ :
- Marquage CE (qui répond aux exigences de la directive européenne),
- ACERMI (qui complète le marquage CE),
- Keymark (proposée par le Comité européen de normalisation).
Vous pouvez également demander un avis technique ou une attestation de conformité pour encore plus de tranquillité d’esprit.
Un isolant adapté à la technique
Tous les matériaux d’isolation ne conviennent pas à toutes les situations : par exemple, un isolant en vrac soufflé ne sera pas adapté pour une toiture-terrasse. A chaque problème sa solution !
Et comme il y’a de quoi s’y perdre, voici quelques exemples d’isolants adaptés à chaque type de toiture :
Combles perdus :
- Laines minérales (verre ou roche)
- Isolants biosourcés (fibre de bois, laine de mouton, chanvre…)
- Isolants plastiques alvéolaires (polystyrène expansé, polystyrène extrudé, polyuréthane) posés bord à bord
- Isolants en vrac soufflés (laine minérale ou biosourcés)
Combles habitables :
- Panneaux semi-rigides ou rouleaux, posés entre et sous les chevrons
- Isolants en vrac, posés par insufflation dans des caissons étanches à l’air
Combien ça coute d’isoler son toit ?
Difficile de donner une réponse définitive… Selon l’Ademe, isoler des combles perdus coûte en moyenne entre 20 et 55 € par m², pose comprise³. Bien sûr, le prix peut varier selon de nombreux facteurs : type de toiture, matériaux isolants choisis, surface à isoler ou technique employée.
Le meilleur moyen d’avoir une estimation précise reste de demander un devis personnalisé à un professionnel.
Les aides pour l’isolation du toit
Pas de chance… Actuellement, le dépôt de dossiers pour MaPrimeRénov’ est temporairement suspendu, en attente de l’adoption de la loi de finances 2026.⁴ En temps normal, cette aide permettait de financer tout ou partie des travaux d’isolation du toit.
Exemple des montants (€/m²) selon le niveau de revenus :
Très modeste | Modeste | Intermédiaire | Supérieurs | |
Isolation thermique des rampants de toiture ou des plafonds de combles | 25 €/m² | 20 €/m² | 15 €/m² | – |
Isolation thermique des toitures terrasses | 75 €/m² | 60 €/m² | 40 €/m² | – |
En revanche, vous pouvez toujours profiter des primes énergie issues du dispositif des CEE (Certificats d’Économie d’Énergie) ! Pas mal, non ?
Très modeste | Modeste | Intermédiaire | Supérieurs | |
Isolation thermique des rampants de toiture ou des plafonds de combles | 12 €/m² | 11 €/m² | 11 €/m² | 11 €/m² |
Isolation thermique des toitures terrasses | 9 €/m² | 7,5 €/m² | 7,5 €/m² | 7,5 €/m² |
Ces aides permettent de réduire significativement le coût de vos travaux et de rendre l’isolation du toit encore plus rentable.
Le saviez-vous ?
Une fois votre toit isolé, vous pouvez installer un thermostat connecté dans vos combles aménagés pour contrôler votre chauffage à distance : allumer, éteindre, régler la température… et réaliser encore plus d’économies d’énergie !
Isolation du toit contre le bruit
Si vous habitez près d’un aéroport ou à proximité d’une ligne de train, l’isolation acoustique du toit peut grandement améliorer votre confort de vie. En effet, quoi de plus désagréable que de ne pas réussir à trouver le sommeil en raison du passage d’un avion ou d’un train à proximité ? ✈️🚅
Comme l’isolation acoustique représente une couche supplémentaire, il est important de vérifier que la charpente peut supporter le poids des matériaux et de l’installation.
On utilise généralement⁵ :
- un isolant souple (laine minérale, fibre de bois, chanvre, ouate de cellulose…) pour absorber le bruit
- associé à un parement dense (plaques de plâtre, gypse-cellulose ou fibre de bois haute densité) pour renforcer l’efficacité contre le bruit.
Ohm Énergie : de l’électricité moins chère pour profiter pleinement de votre isolation
Isoler votre toit, c’est réduire vos pertes de chaleur et vos pertes d’énergie dans une maison … et donc faire baisser vos factures de chauffage. Avec Ohm Énergie, vous pouvez aller encore plus loin : notre offre d’électricité Extra-Eco est moins chère et vous permet de réduire vos dépenses énergétiques tout en profitant du confort thermique de votre foyer bien isolé.
Sources
- ¹Ademe : comment isoler sa maison?
- ²Ademe : les exigences réglementaires pour la rénovation
- ³Ademe : un logement confortable et autonome
- ⁴Service public : MaPrimeRenov’
- ⁵Ademe : isoler du bruit
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