Tout comprendre à l'effet de serre
Le terme « effet de serre » est souvent utilisé comme synonyme de problème climatique. Pourtant, l’effet de serre est d’abord un phénomène naturel, sans lequel la vie sur Terre ne serait tout simplement pas possible ! Ce n’est pas le mécanisme en soi qui pose question aujourd’hui, mais son intensification, portée par les activités humaines depuis environ deux siècles. Découvrez comment ça fonctionne, pourquoi ça devient un problème, et ce que ça change concrètement pour votre logement.
- Sarah Nedjar
- Publié le
- Mise à jour le 27/07/2026
Sommaire
À retenir
L’effet de serre est un phénomène naturel indispensable qui maintient la température moyenne de la Terre autour de 15 °C, mais son intensification liée aux émissions de gaz à effet de serre provoque le réchauffement climatique.
Début 2025, la concentration de CO2 atteignait environ 426 ppm (+52 % par rapport à l’ère préindustrielle) et le réchauffement mondial s’élevait à +1,2 °C sur la période 2015-2024, tandis que la France a émis 369,2 millions de tonnes de CO2 équivalent en 2024.
Réduire les émissions passe notamment par des gestes de sobriété énergétique, la rénovation des logements et la diminution des consommations liées au chauffage, à l’eau chaude sanitaire et à la cuisson, qui représentent 83 % des émissions du secteur résidentiel en 2024.
Qu'est-ce que l'effet de serre ?
D’après le site du Ministère de la culture, l’effet de serre se définit comme le « phénomène d’échauffement de la surface de la Terre et des couches basses de l’atmosphère, dû au fait que certains gaz de l’atmosphère absorbent et renvoient une partie du rayonnement infrarouge émis par la Terre, ce dernier compensant le rayonnement solaire qu’elle absorbe elle-même. »
Voyons tout cela en détails !
Un mécanisme naturel indispensable à la vie
Sans effet de serre, la température moyenne à la surface de la Terre serait d’environ -18°C ! 🧊 Pas très vivable, n’est-ce pas ?
C’est ce phénomène, présent depuis toujours dans l’atmosphère terrestre, qui permet à notre planète de maintenir une température moyenne compatible avec la vie, autour de 15°C¹.
L’atmosphère agit donc comme une couche protectrice : elle laisse passer le rayonnement solaire vers la surface, mais retient une partie de la chaleur que la Terre renvoie ensuite vers l’espace.
Les principaux gaz à effet de serre
Ce phénomène est rendu possible par la présence de certains gaz dans l’atmosphère, qu’on appelle … 🥁 les fameux gaz à effet de serre (GES).
Les principaux et les plus connus sont le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N2O). Ils n’ont toutefois ni la même origine, ni le même pouvoir de réchauffement.
Gaz à effet de serre | Origine principale | Pouvoir de réchauffement global (sur 100 ans, vs CO2) |
CO2 (dioxyde de carbone) | Combustion d’énergies fossiles, déforestation | 1 (référence) |
CH4 (méthane) | Élevage, agriculture, énergies fossiles | 28² |
N2O (protoxyde d’azote) | Engrais azotés, certains procédés industriels | Environ 265 |
Effet de serre : comment ça fonctionne ?
Le trajet du rayonnement solaire
Le mécanisme se déroule en plusieurs étapes:
1. Le rayonnement solaire traverse l’atmosphère et vient réchauffer la surface terrestre.
2. Cette dernière renvoie à son tour de la chaleur, sous forme de rayonnement infrarouge.
3. Une partie de ce rayonnement repart directement vers l’espace, mais une autre partie est absorbée par les gaz à effet de serre présents dans l’atmosphère, puis réémise vers le sol.
C’est cette chaleur « renvoyée » qui maintient la température moyenne de la planète à un niveau vivable.
Pourquoi certains gaz retiennent plus la chaleur que d'autres ?
Tous les gaz à effet de serre n’absorbent pas le rayonnement infrarouge avec la même efficacité, et ils ne restent pas non plus le même temps dans l’atmosphère. C’est ce que mesure le pouvoir de réchauffement global (PRG).
Concrètement, 1 kg de méthane réchauffe autant l’atmosphère que 28 kg de CO2 sur un siècle, et jusqu’à 84 kg sur seulement vingt ans².
Le CO2 reste malgré tout le principal contributeur au réchauffement climatique, non pas parce qu’il est le plus puissant gaz à effet de serre, mais parce qu’il est émis en quantités bien plus importantes et qu’il persiste très longtemps dans l’atmosphère.
C'est quoi le problème avec l'effet de serre ?
Une concentration en hausse constante
Vous l’aurez compris, l’effet de serre naturel existe depuis toujours ! Ce qui change, c’est sa concentration.
Depuis la révolution industrielle, la combustion massive d’énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) a fait grimper la quantité de CO2 dans l’atmosphère de façon continue.
Début 2025, la concentration atteignait environ 426 ppm (parties par million), soit une hausse de 52 % par rapport à l’ère préindustrielle, où elle stagnait autour de 278 ppm depuis des millénaires³.
Plus inquiétant encore, la vitesse à laquelle cette concentration progresse s’est elle-même accélérée : le rythme de croissance annuel a triplé depuis les années 1960, passant de 0,8 ppm par an à 2,4 ppm par an sur la décennie 2011-2020⁴.
On roule clairement sur l’autoroute du surréchauffement…🚗
Des températures qui grimpent
Cette accumulation de gaz à effet de serre a un effet mécanique direct sur les températures.
Sur la période 2015-2024, le réchauffement atteint déjà +1,2°C par rapport à la période de référence 1850-1900⁵, alors que l’Accord de Paris fixe un objectif de limitation à +2°C, avec un idéal à +1,5°C, d’ici la fin du siècle. Ca semble mal parti …
Par ailleurs, l’année 2026 illustre tristement cette dynamique en France. Le printemps 2026 a été le plus chaud jamais enregistré depuis le début des mesures en 1900, avec une anomalie de +1,7°C par rapport aux normales de saison. Puis, fin juin, le pays a connu un épisode caniculaire exceptionnel : le 24 juin 2026 est devenu la journée la plus chaude jamais mesurée en France, avec une température moyenne nationale de 29,9°C !⁶.
Presque la journée idéale pour faire cuire un œuf directement sur le capot de sa voiture 😅
Le saviez-vous ?
Ces phénomènes et leurs conséquences (canicules, sécheresses, événements extrêmes) sont détaillés plus largement dans notre article sur le changement climatique. Le dernier rapport du GIEC synthétise également l’état des connaissances scientifiques sur le sujet à l’échelle mondiale.
Effet de serre en France : bilan
Où en sont les émissions françaises ?
En 2024, la France a émis 369,2 millions de tonnes de CO2 équivalent (hors usage des terres et foresterie), en baisse de 32 % par rapport à 1990⁷.
Un profil qui s’explique par un mix électrique largement décarboné grâce au nucléaire et aux renouvelables.
Malgré cette réduction, chez nous, ce sont les pots d’échappement qui font grimper la note carbone.
Les secteurs les plus émetteurs
Secteur | Poids dans les émissions françaises (2024) |
Transports | 34 %⁷ |
Agriculture | 21 %⁷ |
Industrie manufacturière et construction | 17 %⁷ |
Résidentiel et tertiaire | 15 %⁷ |
Industrie de l’énergie | 9 %⁷ |
Traitement centralisé des déchets | 4 %⁷ |
Comment réduire l'effet de serre ?
À l'échelle collective
Réduire l’effet de serre suppose avant tout de réduire les émissions de gaz à effet de serre à la source, ce qui passe par la sortie progressive des énergies fossiles, la décarbonation de l’industrie et de la production électrique, ainsi que la préservation des puits de carbone naturels (forêts, sols, océans).
Ces enjeux sont suivis de près par les instances internationales, notamment dans le cadre des travaux du GIEC.
À votre échelle
Pour réduire son empreinte carbone sans finir en ermite au fond d’une grotte 🧘, voici quelques réflexes payants :
- Baisser le chauffage d’1°C, ce qui suffit à réduire sa consommation d’énergie de 7 % environ d’après l’Ademe (C’est le moment de ressortir ce magnifique pull de Noël offert par votre tante)
- Couper le chauffage ou la climatisation dans les pièces inoccupées
- Privilégier les appareils électroménagers économes (classe A) et les éteindre plutôt que les laisser en veille
- Réduire la température de l’eau chaude sanitaire et privilégier les douches aux bains
- Isoler les points de déperdition thermique les plus simples à traiter (combles, fenêtres, bas de porte) quand des travaux plus lourds ne sont pas encore envisageables
Ces gestes du quotidien sont d’autant plus efficaces qu’ils s’inscrivent dans une démarche plus globale.
Notre article sur la sobriété énergétique détaille d’autres pistes concrètes et accessibles. Le choix de la source d’énergie compte également : la différence entre énergies renouvelables et non renouvelables explique pourquoi toutes les sources d’énergie n’ont pas le même impact climatique.
Zoom sur le résidentiel
Le poids du chauffage dans les émissions
Dans le détail des émissions résidentielles, un poste domine très largement les autres : le chauffage, l’eau chaude sanitaire et la cuisson représentent à eux seuls 83 % des émissions du secteur en 2024⁸.
C’est donc avant tout la façon dont on chauffe son logement et son eau qui détermine l’empreinte carbone d’un foyer.
Poste résidentiel | Part des émissions du secteur |
Chauffage, eau chaude sanitaire et cuisson | 83 %⁸ |
Équipements électriques divers | Le reste des émissions |
Le saviez-vous ?
En France, environ 4,2 millions de logements (14 % du parc de résidences principales) sont classés « passoires énergétiques » (étiquettes F et G du DPE)⁹. Ces logements consomment davantage d’énergie pour un même niveau de confort, ce qui se traduit mécaniquement par des émissions plus élevées. La rénovation énergétique reste donc un levier majeur, mais elle demande du temps et un budget conséquent.
L'offre extra-éco d'Ohm Énergie
En attendant d’éventuels travaux de rénovation, l’offre extra-éco d’Ohm Énergie vous accompagne au quotidien pour mieux maîtriser votre consommation d’énergie, sans travaux ni bouleversement de vos habitudes !
Une façon simple de reprendre la main sur votre facture, tout en réduisant l’impact de votre logement au fil du temps.
Sources
- ONERC, Panneaux d’exposition changement climatique, ministère de la Transition écologique, mise à jour 2019 (température moyenne terrestre avec et sans effet de serre)
- SDES, Chiffres clés du climat France, Europe et Monde, édition 2025, p. 13 (pouvoir de réchauffement global du méthane)
- SDES, Chiffres clés du climat France, Europe et Monde, édition 2025 (concentration de CO2 et hausse vs ère préindustrielle)
- Organisation Météorologique Mondiale, Les niveaux de dioxyde de carbone battent des records en 2024
- SDES, Chiffres clés du climat France, Europe et Monde, édition 2025 (hausse des températures 1850-1900/2015-2024)
- Météo-France, 2026 : les bilans climatiques (printemps et juin 2026 les plus chauds jamais enregistrés)
- SDES, Chiffres clés du climat, édition 2025, page « Panorama français des gaz à effet de serre »
- SDES, Chiffres clés du climat, édition 2025, page « Émissions de GES du résidentiel et du tertiaire »
- SDES, Chiffres clés de l’énergie, édition 2025, p. 50 (passoires énergétiques)
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