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ARENH, la fin d’un mécanisme historique du marché électrique

Capri, c’est fini, oui, mais l’ARENH aussi. Après 15 ans de bons et loyaux services, le dispositif d’Accès Réglementé à l’Électricité Nucléaire Historique, qui permettait aux fournisseurs d’acheter une partie de l’électricité nucléaire produite par EDF à un tarif régulé s’en est allé. Depuis le 31 décembre 2025, le fournisseur historique peut vendre toute son électricité nucléaire sur les marchés. Alors, qu’est-ce que ça change pour les consommateurs ? C’est parti pour un petit panorama du paysage énergétique !

Sommaire

📖  Résumé : 

  • L’ARENH, mis en place en 2011, permettait aux fournisseurs d’acheter jusqu’à 100 TWh d’électricité nucléaire d’EDF à un prix régulé de 42 €/MWh afin de stimuler la concurrence.
  • Ce mécanisme a pris fin le 31 décembre 2025 et est remplacé par le Versement nucléaire universel (VNU), qui redistribue aux consommateurs une partie des revenus d’EDF lorsque les prix dépassent environ 78 €/MWh puis 110 €/MWh.
  • Pour les consommateurs, les factures devraient rester globalement stables en 2026-2027, mais les prix seront davantage liés au marché, avec un mécanisme de redistribution pour amortir les hausses.

Retour sur l'ARENH : quid d’un dispositif en voie d’extinction

Pour faire simple, l’ARENH, ou Accès Réglementé à l’Électricité Nucléaire Historique (issu de la loi NOME), c’est (ou plutôt, c’était), depuis 2011, un dispositif destiné à réguler l’accès des fournisseurs d’électricité au parc nucléaire d’EDF. Concrètement, qu’est-ce que ça signifie ? Si depuis 2007, le marché de l’électricité est ouvert à la concurrence (EDF, fournisseur historique, existe toujours bel et bien, mais vous pouvez choisir entre des dizaines d’autres fournisseurs d’électricité), le parc nucléaire, quant à lui, appartient à EDF.

Le saviez-vous ?

Le parc nucléaire d’EDF est composé de pas moins de 18 centrales nucléaires, équipées de 57 réacteurs à eau pressurisée, et 65 % de l’électricité produite dans l’hexagone vient du nucléaire¹.

L’ARENH, avait donc vocation de permettre aux fournisseurs alternatifs d’acheter une partie de l’électricité produite par les réacteurs nucléaires d’EDF, à un prix fixé par l’État. L’objectif ? Stimuler la concurrence sur le marché de l’électricité. En somme, l’ARENH était un outil de régulation visait à maintenir des prix compétitifs pour les consommateurs, tout en assurant un approvisionnement en électricité stable et sécurisé, pour finalement : 

  1. Garantir une certaine compétitivité sur le marché ;
  2. Permettre à EDF de maintenir une partie de ses parts de marché, sans pour autant bloquer l’initiative des nouveaux fournisseurs.

Mais ça, c’était avant. En effet, après de longue (très longues) discussions entre l’État, la Commission européenne et EDF, l’ARENH a finalement été réformé.

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Pourquoi en a-t-on fini avec l’ARENH ?

En offrant aux fournisseurs alternatifs un accès privilégié à une partie de l’électricité nucléaire à un prix régulé, l’ARENH visait à créer un environnement compétitif pour les consommateurs tout en permettant à EDF de conserver une part de marché, mais sans nuire à la concurrence. Le hic ? Après plus de 10 ans de bons et loyaux services, l’ARENH a montré certaines limites, particulièrement dans un contexte où les prix de l’énergie fluctuent considérablement et où la transition énergétique vers des sources d’énergie renouvelables devient une priorité. 

Plusieurs raisons expliquent la fin prochaine de l’ARENH :

  • Facteur 1 : le marché a connu de grandes fluctuations, surtout avec la montée des prix de l’électricité sur les marchés de gros.
  • Facteur 2 : l’Union européenne, soucieuse d’une concurrence équitable, a estimé que l’ARENH faussait le marché et a donc remis en cause ce dispositif.
  • Facteur 3 : EDF doit ajuster ses revenus pour financer la maintenance de son parc nucléaire et investir dans le développement des énergies renouvelables.

« L’Arenh nous expose sans aucune limite aux prix de vente les plus bas et, en cas de prix de marché élevés, nous impose de vendre notre production nucléaire à un prix plafonné, qui ne couvre pas les coûts du parc de production et qui n’a pas été réévalué de l’inflation depuis dix ans » Jean-Bernard Lévy, alors patron du groupe, devant la commission des affaires économiques du Sénat, en 2021

Une déclaration qui s’inscrit dans un débat plus large sur les effets du dispositif Arenh pour EDF, principal producteur nucléaire, régulièrement critique de ce mécanisme de régulation.

Le dispositif de l’ARENH a ainsi pris fin le 31 décembre 2025. Depuis le 1er janvier 2026, il a été remplacé par un mécanisme « de plafonnement des prix », sorte de « garde-fou », si l’on s’en tient aux mots du ministère de l’Economie. La fin de l’ARENH s’inscrit dans une évolution naturelle du marché de l’électricité français et européen. L’objectif est de favoriser un environnement compétitif plus libre, aligné sur la transition énergétique et les besoins d’un marché en constante évolution.

Qu'est-ce qui a remplacé l'ARENH ?

Pas de panique pour les plus inquiets, la fin de l’ARENH n’a pas sonné le glas de la régulation du marché.

Depuis le 1er janvier 2026, un nouveau mécanisme a donc pris le relais : le Versement nucléaire universel (VNU). Avec ce système, on ne fixe plus un prix d’accès au nucléaire à l’avance, comme avec l’ARENH, mais on redistribue une partie des revenus du nucléaire aux consommateurs lorsque les prix de l’électricité deviennent élevés.

Concrètement, EDF vend désormais son électricité nucléaire au prix du marché, sans quota imposé à tarif réduit pour les fournisseurs alternatifs. En revanche, un système de « garde-fous » (vous vous rappelez) a été mis en place :

  • Lorsque les prix restent modérés, EDF conserve ses revenus ;
  • Au-delà d’un certain seuil (autour de 78 €/MWh), une partie des gains supplémentaires est prélevée par l’État ;
  • Si les prix s’envolent davantage (au-delà d’environ 110 €/MWh), la redistribution devient encore plus importante.

Cette somme est ensuite reversée à l’ensemble des consommateurs, sous forme de baisse sur la facture d’électricité.

L’autre changement important, c’est que les fournisseurs ne bénéficient plus d’un accès privilégié à l’électricité nucléaire à prix fixe. Ils doivent désormais s’approvisionner sur les marchés ou via leurs propres moyens de production, ce qui les pousse à investir davantage dans leurs propres capacités.

En résumé, le VNU change la logique :

  • L’ARENH permettait d’acheter du nucléaire à prix régulé en amont ;
  • Le VNU laisse jouer le marché, mais protège les consommateurs en redistribuant les excédents lorsque les prix deviennent trop élevés.

Un système moins administré, mais conçu pour amortir les hausses et mieux refléter les coûts réels de production.

ARENH vs VNU : tout est une histoire de boulangerie !

Tout ça peut avoir l’ai un chouïa compliqué, mais finalement… pas tant que ça. Imaginez une boulangerie qui produit du pain (logique, nous direz-vous).

Avec l’ARENH, la règle était la suivante : le boulanger devait vendre une partie de sa production à d’autres commerçants à un prix fixé à l’avance, quel que soit le prix du marché. 

Si le prix fixé était de 1 € pour la baguette et que celle-ci passait à 1,20€, eh bien, ces commerçants continuaient d’acheter à bas prix (1 €).

Si le prix baissait, ils pouvaient choisir de ne pas acheter.

Résultat, c’est le boulanger (donc EDF) qui assumait les coûts et les risques, sans toujours bénéficier des périodes favorables.

Avec le VNU, le boulanger vend désormais tout son pain au prix du marché. Mais si les prix deviennent très élevés, une partie de ses gains supplémentaires est récupérée et redistribuée aux clients. Autrement dit, on ne bloque plus les prix à l’avance, mais on partage les bénéfices quand ils deviennent trop importants.

Fin de l’ARENH : qu’est-ce que ça change pour les consommateurs ?

La fin de l’ARENH, comme tout gros changement, a fait les choux gras de la presse au cours des semaines qui ont précédé l’évolution, à grands renforts de titres alarmants… « Vos factures vont-elles exploser en 2026 ?! 💥».

Pourtant, sur le papier, pas de révolution immédiate… mais un changement de logique en profondeur.

Pour commencer, la fin de l’ARENH ne signifie pas automatiquement une hausse brutale des factures et les pouvoirs publics se veulent rassurants. Dans un contexte de prix de marché plutôt modérés, les factures devraient rester globalement stables à court terme, notamment en 2026 et 2027, aussi bien pour le tarif réglementé de l’électricité que pour les autres formules.

En revanche, le fonctionnement du système change. Avec l’ARENH, une partie de l’électricité était vendue à prix fixe (42 €/MWh), ce qui contribuait à lisser les prix pour les consommateurs. Désormais, avec le VNU, les prix reflètent davantage les conditions du marché. Autrement dit : 

  • Lorsque les prix sont bas, les consommateurs peuvent en bénéficier plus directement ;
  • Mais lorsque les prix augmentent, ils sont aussi plus exposés… même si le mécanisme de redistribution vient amortir les hausses les plus importantes.

La deuxième évolution notable, c’est que tous les consommateurs sont désormais logés à la même enseigne. Le VNU s’applique à l’ensemble des clients (particuliers, entreprises, collectivités), quel que soit leur fournisseur d’énergie ou leur contrat. La redistribution éventuelle se fait automatiquement, via une réduction sur la facture.

En pratique, cela signifie que :

  • Il n’y a pas de « bon plan caché » lié à l’accès au nucléaire à bas prix pour certains fournisseurs ;
  • La concurrence repose davantage sur les offres commerciales, la qualité de service ou encore l’origine de l’électricité.

De notre côté, chez Ohm Énergie, nous avons toujours à coeur de formuler des offres avantageuses, tout en garantissant un service client de qualité !

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Enfin, certains profils pourraient être plus sensibles à cette évolution. Les grands consommateurs d’électricité, notamment les industriels, qui bénéficiaient fortement de l’ARENH, pourraient être davantage exposés aux variations du marché.

Finalement, pour les particuliers, il n’y a pas de choc immédiat attendu :

  • Mais des prix potentiellement un peu plus liés aux fluctuations du marché ;
  • Avec un filet de sécurité en cas de forte hausse, grâce au VNU.

Un système tarifaire plus flexible, donc, mais aussi un peu moins prévisible. Cependant, le VNU continue de garantir des tarifs régulés de vente de l’électricité. Côté consommateurs, quels que soient les changements à venir, le réflexe le plus malin, ça reste encore et toujours d’économiser l’énergie au quotidien !

À lire aussi :  10 gestes pour économiser de l’énergie selon les saisons

¹ EDF – C’est quoi exactement le nucléaire ?

² CRE – Accès régulé à l’électricité nucléaire historique (ARENH)

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– Offres à Prix fixe de la part de l’électricité et/ou du gaz :
Ces offres garantissent que les modalités et conditions contractuelles, y compris le prix, demeurent inchangées pendant toute la durée du contrat, en dehors des évolutions :
  • de la fiscalité applicable ;
  • du tarif d’acheminement ;
  • et des composantes du prix ayant pour objet la répercussion sur le consommateur d’obligations réglementaires reposant sur les fournisseurs de gaz naturel et d’électricité non connues ni anticipables lors de la prise d’effet du contrat.
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– Offre indexé sur le TRVE
Dans ces offres l’ensemble du prix (abonnement et consommation) suivent les mêmes variations que l’option du TRVE utilisée comme référence, pour chacun des postes saisonniers de l’option. Le TRVE évolue en février et en août chaque année.
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Dans ces offres l’ensemble du prix (abonnement et consommation) suivent les mêmes variations que l’option du PRVG utilisée comme référence. Le PRVG évolue tous les mois.
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Le prix varie selon des indices de marché librement accessibles comme la référence de coûts d’approvisionnement du gaz, le prix de gros du gaz (Point d’Echange Gaz ou PEG, Title Transfert Facility ou TTF) ou les indices INSEE. Le fournisseur doit préciser la fréquence des évolutions tarifaires. Pour de telles offres, l’indexation peut concerner une partie du prix (uniquement l’abonnement, ou bien seule la part énergie) ; pour autant, les conditions d’évolution de l’ensemble du prix doivent être explicitées par le fournisseur.
– Offre à tarification dynamique
Les prix reflètent les variations en temps réel des marchés de l’énergie. Le fournisseur s’engage à préciser la fréquence exacte d’évolution des prix au consommateur lors de la souscription de l’offre. Ces offres sont destinées aux consommateurs qui peuvent déplacer un certain nombre de leurs consommations et sont donc ouverts à la variabilité du prix de leur énergie.
– Autres offres (prix variables)
Cette catégorie regroupe les offres ne correspondant à aucune des précédentes. Elle inclut notamment les offres dont le fournisseur peut librement modifier le prix une ou plusieurs fois par an ou dont l’engagement sur le prix est inférieur à 12 mois.