Le mix énergétique de la France : à quoi ressemble-t-il et comment va-t-il évoluer ?
Le mix énergétique de la France est en pleine évolution. Actuellement dominé par le nucléaire, il s’ouvre progressivement aux énergies d’origine renouvelable, comme l’éolien et le solaire, dans une dynamique qui vise à réduire l’empreinte carbone du pays. Alors, ça vous dirait d’explorer l’état des lieux de ce mix, ses spécificités, et les défis auxquels la France fait face pour atteindre ses objectifs de transition énergétique ? Un voyage au cœur des choix énergétiques français et de leurs implications pour l’avenir de notre planète.
Sommaire
Qu'est-ce qu'un mix énergétique ?
Pour faire simple, un mix énergétique, c’est l’ensemble des différentes sources d’énergie utilisées pour produire de l’électricité et alimenter les secteurs industriels, résidentiels et commerciaux. Il peut comprendre des énergies fossiles (comme le charbon, le pétrole ou le gaz naturel), des énergies renouvelables (comme le solaire, éolien, la production hydraulique, biomasse), et de l’énergie nucléaire. Chaque pays ou région compose son mix énergétique en fonction de ses ressources, de ses priorités environnementales et de ses besoins.
En somme, un mix énergétique équilibré permet de diversifier les sources d’énergie, ce qui est essentiel pour la sécurité énergétique d’une nation, surtout en cas de crise. Par exemple, trop dépendre du gaz naturel peut devenir un problème si le prix monte en flèche ou si l’approvisionnement est perturbé. De plus, le mix énergétique influence directement l’empreinte carbone : plus il y a d’énergies de source renouvelable (éolien, solaire, hydrolique…), plus le mix est « vert » et moins il pollue. Ces dernières années, de nombreux pays à travers le globe s’accordent sur le fait qu’une transition énergétique est indispensable. Autrement-dit, chacun tente d’augmenter la part des énergies renouvelables dans leur mix pour réduire les émissions de CO₂ et lutter contre le changement climatique.
Pourquoi le mix énergétique varie d’un pays à l’autre ?
Chaque pays à un mix énergétique qui lui est propre. Cependant, on observe un grand nombre de similitudes dans l’ « organisation » du mix énergétique de chaque pays. En 2021, par exemple, les énergies fossiles représentaient environ deux tiers de la consommation finale sur tous les continents¹. Si elles sont responsables de l’essentiel des émissions de CO₂, ces ressources dominent encore largement le bouquet énergétique primaire mondial : 80 % en 2020 (bien que leur part ait reculé de 5 points en 40 ans)². Il s’agit essentiellement :
- Des produits pétroliers (29 %) ;
- Du charbon (27 %) ;
- Du gaz naturel (24 %)².
Alors, pourquoi une telle surreprésentation ? Eh bien, parce que nos sociétés modernes se sont largement appuyées sur les énergies fossiles pour se développer, avant que le nucléaire ne vienne compléter ce mix primaire. Ainsi, les pays ont pu répondre à une demande croissante en énergie.
Nous l’avons dit précédemment, le mix énergétique diffère d’un pays à l’autre. Mais cette différence n’est pas seulement une volonté de se démarquer des voisins, enfin, pas que ! Chaque pays établit sont mix énergétique en fonction plusieurs critères, pour ça il :
Chiffre les besoins énergétiques du territoire ;
- Chiffre les besoins énergétiques du territoire ;
- Analyse les ressources et leur quantité disponible sur le territoire ;
- Fait un tour d’horizon des sources d’énergie facilement importables ;
- Oriente ses choix politiques (économiques, géopolitiques, sociaux, environnementaux)
Quel est le mix-énergétique de la France ?
Contrairement à bon nombre d’autres pays, le mix énergétique français est faiblement composé d’énergies fossiles. Première différence par rapport à nos voisins : l’électricité. Elle occupe une place centrale dans le mix énergétique du Pays. D’ailleurs ont l’utilise pour tout ! C’est le cas notamment pour le chauffage – majoritairement électrique – tandis que certains homologues, comme l’Allemagne, favorisent la consommation de gaz pour se chauffer.
L’autre spécificité énergétique de la France, c’est son mode de production d’électricité, avec une électricité qui provient massivement du nucléaire. À titre de comparaison, la plupart de nos voisins européens mobilisent des centrales de production thermiques à combustible fossiles (fioul, gaz, charbon).
Quelle est la part du nucléaire dans le mix énergétique français ?
En 2024, le nucléaire représentait demeure la principale source de production d’électricité, avec environ 72 % de la production d’électricité. Ce qui place la France parmi les leaders mondiaux en matière de production d’électricité d’origine nucléaire. Une dominance de l’atome qui s’explique essentiellement par un réseau de 56 réacteurs nucléaires répartis sur 18 sites, gérés principalement par EDF. Le pays est le plus grand producteur d’électricité nucléaire par habitant et en proportion par rapport aux autres sources primaires d’énergie.
Cependant, la part du nucléaire dans le mix énergétique global est en déclin. Toujours en 2024, la consommation annuelle d’énergie primaire en France était composée de 38,6 % de nucléaire, 29,6 % de pétrole, 13,5 % de gaz naturel, 15,4 % d’énergies renouvelables et déchets, et 0,8 % de déchets non renouvelables⁴. Une tendance à la baisse en partie due à la politique énergétique nationale, qui vise à réduire la part du nucléaire dans la production nationale d’électricité à 50 % d’ici à 2035. Parallèlement, la France investit dans les énergies de source renouvelable pour diversifier son mix énergétique et réduire sa dépendance au nucléaire.
Entre 2015 et 2019, la production nucléaire a diminué de près de 6 points, au profit des énergies renouvelables qui ont gagné 5 points en quatre ans. Un mouvement de bascule minime, mais néanmoins encourageant⁴. En témoignent les nombreux dispositifs d’aides financières et de simplification des démarches administratives pour permettre à un plus grand nombre de producteurs de développer cette activité d’avenir.
Quelle est l'utilisation du charbon en France ?
Fort heureusement dans tout ça, l’Hexagone n’est pas connu pour son amour du charbon, même s’il existe bel et bien une part de cette ressource dans son mix énergétique. En 2023, les importations nettes de charbon en France – comme les importations de gaz – ont cependant fortement baissé : de pas moins de 26 % par rapport à l’année précédente, plus précisément. Une chute libre qui s’explique par une baisse de la demande d’acier et des problèmes d’approvisionnement et d’exploitation dans le secteur de la sidérurgie.
Les centrales à charbon, utilisées principalement en période de forte demande, ont également été moins sollicitées grâce à une meilleure disponibilité du nucléaire et à l’augmentation de la production d’électricité renouvelable. Avec seulement 6,7 millions de tonnes importées, c’est un niveau historiquement bas. L’Australie et les États-Unis restent les principaux fournisseurs, mais les importations en provenance de Russie se sont quasiment arrêtées.
Grosso modo, le charbon n’a plus la cote et ça, c’est une vraie bonne nouvelle. Parce que, pour rappel, le charbon est un gros pollueur au bilan carbone XXL, tant au niveau local qu’en termes de changement climatique. Il est responsable de 44 % des émissions mondiales de CO₂. En brûlant du charbon pour produire de la chaleur ou de l’électricité, on génère 2,2 fois plus de CO₂ que si l’on utilisait du gaz naturel pour produire la même quantité d’énergie. En plus du CO₂, les centrales à charbon relâchent dans l’air et l’eau des substances comme le dioxyde de soufre, l’oxyde d’azote, des particules fines et du mercure, qui polluent et nuisent à la santé. D’ailleurs, des études ont montré que des événements comme le grand smog de Londres en 1952, lié au charbon et aux gaz d’échappement des véhicules, ont fait des milliers de victimes⁵.
Mix énergétique en France : le récap’
Avant de revenir en détail sur le fameux mix énergétique – également appelé bouquet énergétique – un petit point s’impose, à savoir : faire la différence entre un « bouquet énergétique » et un « bouquet énergétique primaire réel ». Principale distinction : la manière dont l’énergie est comptabilisée et considérée à chaque étape de sa chaîne de production.
- Le bouquet énergétique : il s’agit de la combinaison de différentes sources d’énergie utilisées dans un pays ou un secteur à un moment donné. Ce terme inclut généralement l’ensemble des sources d’énergie primaire (charbon, gaz, nucléaire, énergies renouvelables (ENR), etc.) utilisées pour la production de chaleur, délectricité, ou pour les besoins industriels. Il prend en compte la part de chaque source d’énergie dans la production totale d’énergie.
- Le bouquet énergétique primaire réel : ce concept fait référence spécifiquement à l’énergie « primaire » qui est utilisée avant toute transformation. Il inclut l’ensemble des ressources naturelles comme le charbon, le pétrole, le gaz, l’énergie nucléaire, et les énergies renouvelables dans leur état brut, avant leur conversion en électricité ou en chaleur. Le terme « réel » indique que ce bouquet se base sur les données réelles de consommation primaire, sans inclure les pertes d’énergie qui surviennent lors des processus de transformation (par exemple, la conversion d’énergie en électricité).
Pour la faire courte, en France, le bouquet énergétique primaire réel – ou mix énergétique primaire réel – se compose de :
- 39 % de nucléaire ;
- 30 % de pétrole ;
- 13 % de gaz naturel ;
- 16 % d’énergies renouvelables et déchets (dont 1 % de déchets non renouvelables) ;
- 2 % de charbon.
Comparons le mix énergétique en France à celui en Europe et dans le monde
Vous le savez désormais, la France se distingue par un mix énergétique particulièrement décarboné, grâce à une forte proportion de nucléaire et d’énergies renouvelables. Du côté de l’Union européenne dans son ensemble, on note des progrès significatifs vers un mix énergétique plus propre. En 2024, 47 % de l’électricité consommée provenait de sources renouvelables, avec une part notable de l’éolien et du solaire⁶.
Cependant, des défis subsistent, notamment la nécessité de moderniser les infrastructures électriques vieillissantes pour intégrer efficacement les énergies renouvelables intermittentes.
Moins bonne nouvelle : à l’échelle mondiale, les énergies fossiles dominent toujours le mix énergétique. En 2023, elles représentaient environ 81,5 % de la consommation énergétique mondiale, avec une légère diminution par rapport aux années précédentes. Les énergies renouvelables ont progressé pour atteindre 14,6 % du mix énergétique mondial, mais cette part reste insuffisante pour une transition énergétique rapide et une production mondiale décarbonnée.
Les pays émergents, en particulier en Asie et en Afrique, continuent de dépendre largement des énergies fossiles en raison de facteurs économiques et d’infrastructures limitées⁷.
Quels sont les objectifs de la France pour sa transition énergétique ?
La France s’engage à fond dans sa transition énergétique, avec des objectifs ambitieux pour réduire son empreinte carbone et atteindre une autonomie énergétique durable. Mais concrètement, quels sont ces objectifs et comment compte-t-elle les atteindre ?
- Réduire les émissions de gaz à effet de serre : la France s’est fixée un objectif de réduction de 40 % de ses émissions de GES d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 1990. C’est une étape clé pour respecter l’accord de Paris et limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C. Pour y parvenir, il faudra réduire la dépendance aux énergies fossiles et multiplier les efforts en matière de renouvelables.
- Passer à 40 % d’énergies renouvelables d’ici à 2030 : d’ici à 2030, le Pays souhaite que 40 % de sa consommation d’énergie provienne de source d’énergies renouvelables en France. En 2024, la part des renouvelables dans la production d’électricité était de 23 %, donc la route est encore longue, mais la volonté est là, et qu’il y ait de plus en plus de fournisseurs d’énergie verte ! L’objectif inclut l’augmentation des installations de production éoliennes et de production solaires, notamment, avec des projets comme France Relance, qui soutient des projets verts.
- Atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050 : l’objectif phare, c’est bien sûr la neutralité carbone d’ici à 2050. Cela signifie qu’en 2050, la France devra compenser autant de CO₂ qu’elle en émet, soit en réduisant ses émissions, soit en capturant le CO₂ avec des solutions naturelles ou technologiques. Cette ambition englobe non seulement le secteur de l’énergie, mais aussi les transports, l’industrie, l’agriculture et le bâtiment.
- Augmenter la capacité de stockage d’énergie : un autre axe important de la transition énergétique, c’est le stockage de l’énergie. Avec le développement des énergies renouvelables, notamment l’éolien et le solaire, la France doit aussi développer des solutions de stockage pour lisser la production primaire d’énergie. Cela inclut des batteries et d’autres technologies de stockage pour utiliser l’énergie quand le soleil ne brille pas ou que le vent ne souffle pas.
- La transition vers une mobilité plus verte : dans le secteur des transports, la France vise l’électrification des transports, avec pour objectif 100 % des véhicules neufs en voitures électriques ou hybrides rechargeables d’ici à 2035. Cela passe par des incitations fiscales, la construction de bornes de recharge, et la promotion des transports publics écologiques.
- La rénovation énergétique des bâtiments : la rénovation énergétique des bâtiments est un autre grand chantier. Le gouvernement prévoit de rénover 500 000 logements par an d’ici à 2030, afin de les rendre plus économes en énergie. Cela inclut l’isolation des maisons, la mise en place de chauffage plus efficace et la réduction de la consommation d’énergie dans les bâtiments publics.
En résumé, la France a des objectifs ambitieux pour sa transition énergétique, mais ces objectifs sont essentiels pour répondre à l’urgence climatique et préparer un avenir plus durable. Si la route est encore semée d’embûches, les progrès sont déjà bien engagés. La clé sera de maintenir l’élan, avec l’innovation, les investissements, et une collaboration à tous les niveaux : gouvernement, entreprises et citoyens !
Sources
¹ Statistiques.developpement-durable.gouv.fr – Chiffres clés de l’énergie 2024 ≈
² Notre environnement gouv – L’énergie
³ Statistiques developpement – durable.gouv.fr – Chiffres clés de l’énergie – Édition 2024
⁴ Insee – Tableaux de l’économie française Édition 2020
⁵ IMF – Pour un avenir plus vert : passer du charbon aux énergies de substitution
⁶ Reporterre – Les énergies renouvelables à un niveau record en Europe
⁷ Connaissance des énergies – 2023, année de tous les records (et ce n’est globalement pas une bonne nouvelle…)
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