Installation électrique et norme NF C 15-100 : les règles obligatoires par pièce pour une maison sécurisée

Saviez-vous que 25 % des incendies domestiques sont liés à une installation électrique défectueuse¹ ? D’ailleurs, il s’agit même de la principale cause de ces incidents, aux conséquences parfois dramatiques. Un poil déprimant, non, comme entrée en matière ? Mais pas d’inquiétude, pour éviter de tels drames, vous pouvez commencer par comprendre un chouïa mieux votre tableau électrique. Objectif : une maison 100 % sécurisée ! 

Sommaire

📖  Résumé : 

  • La norme NF C 15-100 encadre l’installation électrique d’un logement pour limiter les risques, alors que 25 % des incendies domestiques sont liés à une installation défectueuse, en définissant le rôle du tableau, des protections 30 mA et de la prise de terre.
  • Elle impose des règles précises pièce par pièce, notamment sur le nombre minimal de prises, les circuits dédiés en cuisine et les volumes de sécurité dans la salle de bain, avec des contraintes renforcées près de l’eau.
  • En rénovation, elle distingue la mise aux normes complète, obligatoire en neuf ou en rénovation lourde, et la mise en sécurité fondée sur six exigences minimales suffisantes pour louer ou assurer un logement ancien.

Comprendre les bases : Tableau, GTL et Terre

Fort heureusement, on apprend dès tout petit à ne pas mettre les doigts dans la prise. Le hic, c’est qu’à force de s’en éloigner (à raison), nous voilà souvent bien dépourvus lorsqu’il est question de comprendre ce qui se cache derrière notre tableau électrique. Euh… Attendez… Un tableau électrique, c’est quoi, déjà ?!

Le tableau électrique, c’est le cerveau de votre installation. Il fait le lien entre le réseau public et les circuits de votre logement. À l’intérieur, on trouve tous les dispositifs de protection qui veillent à la sécurité des personnes comme des équipements. Son rôle est d’organiser la distribution de l’électricité et de protéger chaque partie de l’installation, que ce soit dans une maison ou un immeuble.

Ceci étant dit, on peut passer aux choses sérieuses…

Les différents éléments du tableau électrique

Certains éléments du tableau électrique sont incontournables. Ils structurent l’installation et assurent la sécurité des personnes. Comprendre la GTL, la protection 30 mA et la prise de terre suffit à saisir l’essentiel du fonctionnement du tableau : 

  • La GTL Gaine Technique Logement : la GTL, c’est un peu le quartier général de l’électricité dans le logement. Elle regroupe au même endroit le compteur Linky, le disjoncteur général et le tableau électrique. Tout est centralisé, organisé et accessible, ce qui facilite à la fois l’installation, la maintenance et les interventions futures. En clair, c’est l’espace officiel où l’électricité a le droit de vivre.
  • La protection des personnes 30 mA : c’est ici que la sécurité entre en jeu. Le disjoncteur général, fourni par le gestionnaire du réseau, coupe l’installation entière en cas de gros problème. Il réagit à partir de 500 mA, ce qui protège surtout l’installation contre les risques majeurs, mais pas suffisamment les personnes. Les interrupteurs différentiels 30 mA, eux, sont là pour détecter les fuites de courant beaucoup plus fines. Ce sont eux qui coupent immédiatement l’électricité lorsqu’un courant anormal traverse le corps humain. Autrement dit, ce sont ces dispositifs qui font la différence entre un simple incident et un vrai danger.

C’est quoi les mA ?

Les mA, ce sont des milliampères. Autrement dit, une façon de mesurer l’intensité du courant électrique.

Pour faire simple, plus le chiffre est petit, plus la protection est sensible. Un seuil de 30 mA correspond à une quantité de courant très faible, mais déjà dangereuse pour le corps humain. C’est pour ça que les dispositifs 30 mA coupent très vite, bien avant que ça ne devienne grave.

  • La prise de terre : souvent invisible, toujours essentielle. La prise de terre permet d’évacuer les fuites de courant vers le sol plutôt que vers vous ou vos appareils. En cas de défaut, le courant prend le chemin le plus sûr et déclenche la protection différentielle. Sans terre, les protections fonctionnent mal, voire pas du tout.

À lire aussi : Guide Complet des Normes des Tableaux Électriques : Sécurité et Conformité

Quid de la norme NF C 15-100

La norme NF C 15-100, c’est une série de 21 normes, identifiées sous l’appellation NF C 15-100-X². Elle définit les règles de conception, de réalisation et d’entretien des installations électriques basse tension en France, aussi bien pour les logements neufs que pour les rénovations complètes.

Son objectif est d’assurer la sécurité des occupants et le bon fonctionnement des installations électriques, en garantissant une distribution fiable et adaptée aux usages du quotidien. Concrètement, elle encadre la façon dont l’électricité circule dans une maison, depuis le tableau électrique jusqu’aux prises, points lumineux et équipements. Elle impose des règles sur le nombre minimal de circuits, leur répartition, les dispositifs de protection à prévoir et l’organisation générale de l’installation.

Grosso modo, c’est grâce à elle qu’on peut éviter les installations bricolées, sous-dimensionnées ou dangereuses, et qu’on garantit que chaque usage du quotidien dispose d’une alimentation adaptée et protégée. À la clé ? 

  • Un tableau électrique structuré ;
  • Des circuits dédiés pour certains appareils ;
  • Des protections cohérentes et une installation pensée pour durer.

Les règles précises varient ensuite selon les pièces et les usages (mais ça, c’est ce qu’on va voir juste après !)…

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Les règles obligatoires pièce par pièce

En pratique, le nombre de prises électriques à prévoir n’est pas laissé au hasard. Il dépend du type de pièce et, pour certaines comme le séjour ou la cuisine, de leur surface. La norme NF C 15-100 fixe des minimums à respecter pour garantir un usage confortable et sécurisé.

  • Dans le séjour, il faut compter au moins cinq prises si la surface est inférieure à 28 m². Au-delà, le minimum passe à sept prises. À cela s’ajoutent deux prises supplémentaires à proximité des prises de communication RJ45, prévues pour accueillir la box, la TV ou les équipements connectés³.

Bon à savoir !

Depuis 2016, la norme NF C 15-100 impose l’installation de prises RJ45 dans les logements neufs et les rénovations complètes. Elles remplacent les anciennes prises téléphoniques et permettent de relier les équipements numériques à la box via un réseau filaire, plus stable que le Wi-Fi. Les RJ45 sont reliées à un coffret de communication, lui aussi obligatoire⁴.

  • Dans les chambres, la règle est simple, c’est trois prises de courant au minimum, quelle que soit la surface³.
  • Pour les autres pièces de plus de 4 m², comme la salle de bain, une prise est exigée au minimum. Les WC font exception et ne sont pas concernés par cette obligation.
  • La cuisine a droit à un traitement particulier. Si elle fait moins de 4 m², trois prises suffisent. Au-delà, le minimum passe à six prises. Et attention, ce n’est pas seulement une question de quantité. Parmi ces six prises, quatre doivent être installées au-dessus du plan de travail pour alimenter les petits appareils du quotidien (comme le micro-ondes)³. Une prise dédiée est également prévue pour la hotte, afin d’éviter les branchements improvisés. En cuisine, les appareils puissants ne partagent donc pas les mêmes circuits que les usages du quotidien. Certains équipements doivent avoir leur propre ligne électrique, directement reliée au tableau et protégée par un disjoncteur adapté. On vous fait le détail juste en-dessous : 

Usage en cuisine

Circuit dédié

Disjoncteur

Section des fils

Plaques de cuisson

Obligatoire

32 A

6 mm²

Four électrique

Obligatoire

20 A

2,5 mm²

Lave-vaisselle

Obligatoire

20 A

2,5 mm²

Lave-linge

Obligatoire

20 A

2,5 mm²

Sèche-linge

Obligatoire

20 A

2,5 mm²

Congélateur

Obligatoire

20 A

2,5 mm²

Hotte

Recommandé

20 A

2,5 mm²

Prises plan de travail

Non

20 A

2,5 mm²

Salle de bain : attention aux volumes de sécurité !

Dans une salle de bain, l’électricité est strictement encadrée. Ici, la norme NF C 15-100 découpe la pièce en volumes de sécurité, définis autour de la baignoire ou de la douche. Chaque volume impose des règles précises. Les ignorer peut suffire à entraîner un refus du Consuel.

À lire aussi : Consuel électrique : tout savoir sur le certificat de conformité électrique

L’idée est simple plus on est proche de l’eau, plus les équipements autorisés sont rares et protégés. Maintenant, voyons de plus près les volumes à connaître : 

Volume 0

Il correspond à l’intérieur de la baignoire ou du receveur de douche. Aucun équipement électrique classique n’y est autorisé. Seuls des appareils en très basse tension de sécurité 12 V, parfaitement étanches, peuvent y être installés⁶. En pratique, on évite tout.

Volume 1

Il se situe juste au-dessus du volume 0, jusqu’à 2,25 m de hauteur⁶. Les contraintes restent fortes. On peut y installer certains équipements très spécifiques, comme un chauffe-eau, à condition qu’il soit prévu pour cet usage, correctement protégé et alimenté sans boîte de connexion intermédiaire.

Volume 2

Il s’étend sur 60 cm autour du volume 1. Les possibilités sont un peu plus larges, mais toujours encadrées⁶. C’est notamment la seule zone où une prise rasoir avec transformateur de séparation est autorisée. Les équipements doivent être protégés contre les projections d’eau.

Au-delà de ces volumes, les règles sont beaucoup plus souples. Les prises classiques et les appareils standards y sont autorisés, à condition que l’installation reste protégée par un interrupteur différentiel 30 mA.

Zone

Où se situe-t-elle ?

Ce qu’on peut y installer

Volume 0

Dans la baignoire ou la douche

Équipements TBTS 12 V très protégés uniquement

Volume 1

Au-dessus jusqu’à 2,25 m

Chauffe-eau spécifique, éclairage TBTS

Volume 2

60 cm autour du volume 1

Prise rasoir, chauffage ou éclairage adaptés

Hors volume

Le reste de la pièce

Prises, éclairages et appareils classiques

💡 Dernier point essentiel tous les circuits de la salle de bain doivent être protégés par un interrupteur différentiel 30 mA, et correctement reliés à la terre⁶. C’est non négociable, pour la sécurité comme pour la conformité.

Rénovation : Mise aux normes ou Mise en sécurité ?

En rénovation, ces deux notions sont souvent confondues, alors qu’elles ne recouvrent pas du tout les mêmes obligations : 

  • La mise aux normes correspond au respect complet de la norme NF C 15-100. L’installation est alors refaite selon les règles actuelles, comme dans un logement neuf. C’est obligatoire en cas de construction neuve, d’agrandissement ou de rénovation lourde avec refonte complète de l’électricité. Tout est revu : circuits, protections, prises, volumes, tableau. C’est le niveau le plus élevé, mais aussi le plus coûteux.
  • La mise en sécurité vise avant tout à supprimer les dangers réels pour les occupants. Elle repose sur un socle d’exigences minimales qui rendent l’installation sûre, même si elle n’est pas conforme aux dernières normes. C’est ce qui est généralement attendu pour un logement ancien mis en location ou assuré. Les six exigences de la mise en sécurité sont :

    1. La présence d’un dispositif de coupure générale, facile d’accès.
    2. La présence, en tête d’installation, d’au moins un dispositif différentiel adapté à la mise à la terre.
    3. La protection de chaque circuit contre les surintensités par un disjoncteur ou un fusible adapté à la section des conducteurs.
    4. La mise en place d’une liaison équipotentielle et d’une installation conforme aux règles spécifiques des pièces avec baignoire ou douche.
    5. L’absence de matériels électriques vétustes, inadaptés ou présentant un risque de contact avec des parties sous tension.
    6. La protection mécanique de l’ensemble des conducteurs électriques⁷.

Pourquoi une installation aux normes fait baisser vos factures ?

Une installation électrique aux normes permet aussi de mieux consommer et donc de payer moins. En effet, un tableau électrique moderne peut accueillir des équipements de gestion de l’énergie, comme un contacteur jour nuit ou un délesteur. Ces modules permettent de faire fonctionner certains appareils aux heures creuses et d’éviter les pics de consommation inutiles. L’électricité est utilisée au bon moment, sans surcharge.

En prime, une installation conforme est un prérequis pour l’assurance habitation ! En cas de sinistre électrique, elle facilite l’indemnisation et limite les refus de prise en charge. D’ailleurs, vous saviez qu’avec Ohm Énergie, vous pouviez bénéficier d’une Assurance habitation en ligne simple, personnalisable et à prix maîtrisé ?

FAQ

Combien de prises doit-il y avoir dans une cuisine ?

Au minimum six prises si la cuisine fait plus de 4 m². Parmi elles, quatre doivent être facilement accessibles au-dessus du plan de travail pour les appareils du quotidien. Une prise dédiée est aussi prévue pour la hotte.

La prise de terre est-elle obligatoire dans les chambres ?

Oui. Depuis l’amendement 5 de la norme NF C 15-100, toutes les prises du logement doivent être reliées à la terre, y compris dans les chambres. C’est une obligation de sécurité, même dans les pièces dites « sèches ».

¹Crédit Agricole Immobilier – Incendies domestiques, comment les éviter

²Legrand – Norme NF C 15-100, suivez le guide

³Legrand – Combien de prises de courant installer dans chaque pièce

Legrand – Vrai ou faux, les prises RJ45 sont-elles obligatoires dans le logement

Legrand – Quelle est la norme NF C 15-100 pour la cuisine en 2026

Legrand – NF C 15-100, ce qu’il faut savoir pour l’installation électrique d’une salle de bains

Qualifelec – La mise en sécurité électrique d’un logement

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