Pourquoi on change d’heure ?

Mais pourquoi le changement d’heure ? Voilà la question qui revient deux fois par an. Et pour cause, nous connaissons un passage à l’heure d’été – fin mars – et un passage à l’heure d’hiver – fin octobre. La raison explorée par les pouvoirs publics pour justifier ce changement d’heure : réaliser des économies d’énergie ! Mais est-ce réellement efficace ? Depuis quand le changement d’heure a-t-il été introduit ? Tous les pays le pratiquent-ils ? Autant de questions auxquelles nous apportons des réponses.

Sommaire

Quand le changement d’heure a-t-il été introduit ?

Le changement d’heure ne date pas d’hier. La mesure a été introduite pour la première fois en 1916, en Allemagne et en Grande-Bretagne. Le but : économiser les ressources en charbon. Le combustible fossile était alors la principale source d’énergie utilisée pour alimenter les centrales thermiques. Ces centrales servaient notamment à produire de l’électricité.

Pourquoi change-t-on d’heure ?

L’idée à l’origine du changement d’heure est simple : en changeant d’heure, il devient possible d’économiser l’électricité produite. Commentaire ? En bénéficiant d’une heure supplémentaire d’ensoleillement naturel le soir, le moment d’utiliser l’éclairage artificiel est repoussé.

Cette idée fait rapidement son chemin en France, car le changement est adopté dès 1917. Mais à la fin de la 2e Guerre Mondiale, à la Libération, la France s’arrête tout, et revient en arrière. L’économie se porte bien, les centrales thermiques tournent à plein régime, le charbon, le fioul et le pétrole coulent à flots… Nous sommes dans les célèbres Trente Glorieuses, ces trois décennies durant lesquelles les pays Européens – dont la France – Découvrez une croissance économique à nous faire pâlir de jalousie aujourd’hui !

Sauf qu’un grain de sable, et non des moindres, vient enrayer la machine : le choc pétrolier du milieu des années 70.

Le changement d’heure adopté en France en 1976

Le choc pétrolier rebat en effet complètement les cartes dans les pays industrialisés, dont la France fait partie. Cette expression fait référence aux conséquences soudaines et brutales de distorsion entre l’offre et la demande en pétrole. Le prix du pétrole a flambé, pour ne pas dire explosé, et la demande est toujours aussi forte. Une combinaison de hausse des prix, d’augmentation de la consommation et de baisse de la production entraîne une flambée des prix pour les consommateurs et les entreprises. On parle même de chocs pétroliers, au pluriel donc, car 2 ont eu lieu au cours des années 70 : en 1973 et 1979.

En France, les effets deviennent critiques. Aussi, le pouvoir en place se voit contraint de faire des économies d’énergie, de réduire le coût des achats en pétrole. Et le changement d’heure revient sur la table. Il est adopté par décret le 19 septembre 1975 avant une entrée en vigueur officielle en 1976. La mesure devait être provisoire, mais elle est demeurée.

Dès lors, la France change deux fois d’heures, mais ça, vous l’avez déjà remarqué ! Premier changement d’heure : fin mars. Deuxièmement : fin octobre qui ont tous deux lieu dans la nuit de samedi à dimanche. Un passage à l’heure et un passage à l’heure d’hiver sont donc censés nous faire économiser de l’énergie.

Le changement d’heure fait-il (vraiment) économiser de l’énergie ?

Si la France met définitivement en place le changement d’heure, en été et en hiver, c’est bien en raison d’une recherche d’économies d’énergie. Le principe demeure le même qu’à l’origine : utiliser au maximum l’éclairage naturel – du soleil – pour limiter le recours à l’éclairage artificiel. En 1976, la France ne bénéficie pas encore de centrales nucléaires pour produire de l’électricité, mais de centrales thermiques utilisant essentiellement le fioul. Le fioul, dérivé du pétrole, coûte alors trop cher. Et en plus, nous savons à présent qu’il pollue bien trop !

Donc, à la question de savoir si le changement d’heure permettait et permet encore d’économiser de l’énergie, la réponse est oui, mécaniquement. Mais c’est tout de même un « oui mais ». Car si le soir, à l’heure d’été, le moment d’allumer les lumières est certes repoussé, il est avancé quelque peu le matin. Avec le changement d’heure, il fait jour plus tard le matin, et donc, nous allumons tous un peu plus tôt la lumière. Les éclairages artificiels représentent un symbole des économies d’énergie, bien que ce ne soit pas le seul qui existe : il ya aussi le chauffage, la production d’eau chaude… Bref, tout ce qui nécessite de l’électricité.

Les gains d’économies d’énergie du changement d’heure

Critique à maintes reprises, le changement d’heure à fait l’objet d’une étude de la part de l’Ademe (1). L’organisme a cherché à quantifier les gains d’économies d’énergie. Il aura tout de même fallu attendre 2010 pour avoir la réponse. L’Ademe l’affirme : « Le changement d’heure permet des économies d’énergies et de CO² réelles, mais modestes, pour un coût quasi nul de mise en œuvre ». Le gain est donc réel, bien qu’il soit léger, en raison notamment d’une meilleure efficacité de l’éclairage public, bien moins énergivore qu’il y a 40 ans ! L’Ademe chiffre le gain à 0,07 % d’électricité consommée en moins. 

À l’échelle nationale, le changement d’heure a tout de même des effets positifs ! En 1996, il a permis d’économiser 1 200 GWh et 440 GWh en 2009, soit l’équivalent de l’éclairage consommé par 800 000 ménages. En termes d’impact environnemental, la mesure a évité l’émission de 44 000 tonnes de CO2.

À l’horizon 2030, l’Ademe estime que les gains devraient perdurer et se chiffrer à 340 GWh, même s’ils vont diminuer grâce à l’essor des nouvelles technologies et de l’usage des ENR. Meilleure efficacité énergétique et développement des énergies renouvelables entraînent en effet une diminution de notre consommation énergétique et des ressources fossiles.

Au niveau européen cette fois, le tableau de la Commission sur un gain d’énergie pour l’ensemble des pays de l’UE se situe entre 0,5 % et 2,5 %.

Le changement d’heure bientôt aboli ?

Accusé d’avoir un impact négatif sur le cycle du sommeil, de provoquer une augmentation des accidents de la route et de n’avoir qu’une faible incidence sur les économies d’énergie, le changement d’heure est dans le viseur. Le Parlement Européen a demandé à la Commission européenne de lancer une vaste consultation publique à l’échelle européenne. Réalisée en 2018, elle a réuni plus de 4,6 millions de votants. Résultat : 84 % des personnes se disent favorables à sa suppression ! Une directive européenne prévoyait sa suppression à compter de 2021. Mais, comme vous l’avez remarqué, nous changeons encore d’heure deux fois par an. La raison présente : la crise sanitaire du covid justifie encore à ce jour de poursuivre nos efforts en termes d’économies d’énergie.

Et ailleurs dans le monde ? Environ 140 États l’ont progressivement adopté, mais ont depuis rétropédalé. Actuellement, environ 40 % l’ont supprimé.

(1) ADEME

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