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Comprendre la déforestation : des origines aux solutions concrètes pour préserver le climat

On a tous entendu parler de déforestation et on s’est tous déjà dit, en voyant des images de la forêt amazonienne ravagée : « quelle horreur ! ». Mais, au fond, sait-on vraiment ce qu’est la déforestation ? À quoi servent les forêts, à part abriter des animaux et nous offrir de jolies balades ? Pourquoi est-ce si grave d’en perdre ? Et surtout, est-ce qu’on peut vraiment agir à notre échelle ? On fait le point.

Sommaire

À retenir 

  • La déforestation correspond à la perte de surface forestière au profit d’autres usages des terres et menace des écosystèmes essentiels, notamment en accélérant le changement climatique et l’érosion de la biodiversité.

  • À l’échelle mondiale, l’agriculture est la principale cause de déforestation, notamment à travers la production d’huile de palme et de soja, tandis que la France voit sa surface forestière progresser malgré les incendies, les ravageurs et le changement climatique.

  • Pour lutter contre la déforestation, la France et l’Union européenne ont mis en place des réglementations, tandis que chacun peut agir en adaptant son alimentation, en choisissant des produits certifiés ou en soutenant des projets de reforestation.

Déforestation : de quoi parle-t-on vraiment ?

La déforestation désigne la perte de surface forestière au profit d’autres usages des terres, ou la réduction importante du couvert forestier. Elle se distingue de la dégradation forestière, qui correspond plutôt à une altération de la qualité de la forêt (biodiversité affaiblie, services écosystémiques dégradés) sans disparition totale du couvert forestier¹.

Autrement dit : une forêt dégradée est encore debout, mais elle a pris un sacré coup de bambou. Une forêt déforestée, elle, a carrément changé de fonction : champ de soja, pâturage, route ou zone urbaine.

Le rôle des forêts, ou pourquoi on ne peut pas s'en passer

Avant de parler de leur disparition, un petit rappel s’impose : les forêts couvrent 30 % de la surface terrestre de la planète et abritent 80 % de la biodiversité terrestre mondiale. Elles font aussi vivre 86 millions de personnes à travers le monde grâce aux emplois verts qu’elles génèrent, et dans l’Union européenne, elles capturent à elles seules 10 % des émissions de gaz à effet de serre du continent².

Concrètement, une forêt en bonne santé rend un paquet de services :

  • Elle régule le climat : les arbres en croissance absorbent le carbone (émissions de CO2) et le stockent dans leur tronc, leurs branches, leurs feuilles et dans le sol.
  • Elle recycle l’eau : via l’évapotranspiration, les arbres libèrent de la vapeur d’eau qui rafraîchit le climat local et régional.
  • Elle stabilise les sols : les racines limitent l’érosion des sols et, en montagne, freinent avalanches et chutes de pierres.
  • Elle abrite la biodiversité : sols, sous-bois et canopées hébergent une quantité impressionnante d’espèces animales et végétales.
  • Elle nous fournit du bois : environ 50 millions de m³ sont récoltés chaque année rien qu’en France³.

Ce n’est pas pour rien qu’on appelle l’Amazonie le poumon de la planète ! Les forêts sont plus qu’utiles : elles sont vitales.

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Les causes de la déforestation

Chaque minute, l’équivalent de 10 terrains de football de surface boisée disparaîssent quelque part sur la planète, selon l’Institut des ressources mondiales… Et le mouvement s’accélère plutôt qu’il ne ralentit, les pertes forestières mondiales étant passées de 78 millions d’hectares en 2000 à 130 millions en 2010, puis 178 millions en 2020².

Si les forêts rendent autant de services, pourquoi continue-t-on à les faire reculer partout dans le monde ?

La première cause de cet emballement à l’échelle mondiale n’est autre que l’agriculture. La croissance démographique et la demande alimentaire poussent à convertir des forêts en terres de culture ou en pâturages, avec l’huile de palme et le soja en tête de liste des produits les plus gourmands en surface forestière².

Dans le détail, voici les principaux moteurs qui se cumulent pour expliquer ce recul :

  • L’expansion agricole : cultures (huile de palme, soja) et élevage pour la consommation de viande, premier facteur de conversion des forêts².
  • La déforestation importée : la déforestation qui a lieu à l’autre bout du monde pour produire des biens que l’on consomme chez nous. Plus de la moitié de la déforestation mondiale est directement liée à cette conversion de forêts en zones de culture ou de pâturage, une dynamique particulièrement marquée en Amazonie ou en Asie du Sud-Est avec les cultures de palmiers à huile¹.
  • La construction et l’industrie minière, qui grignotent aussi leur part de surface forestière⁴.
  • Le commerce du bois, sur ce coup-là, c’est littéralement l’arbre qui cache la forêt ! Il est souvent perçu à tort comme le premier responsable, alors qu’il ne représente en réalité qu’une part de la déforestation importée, loin derrière l’huile de palme et le soja¹. 

Le saviez-vous ?

Cela ne veut pas dire que la filière bois est irréprochable partout dans le monde : dans certaines régions comme le Bassin du Congo, l’augmentation de la demande en bois de chauffage combinée à l’expansion de l’agriculture vivrière génère une dégradation des forêts de plus en plus préoccupante¹.

Les conséquences de la déforestation

Les répercussions de la déforestation ne s’arrêtent pas aux frontières des forêts concernées. Parmi les impacts les plus documentés de la destruction des forêts :

  • Un dérèglement climatique accéléré : la perte de couvert forestier prive la planète d’un puits de carbone essentiel. Moins d’arbres, c’est moins de CO2 absorbé, et davantage de carbone qui reste dans l’atmosphère²⁴. Les scientifiques du GIEC pointent d’ailleurs régulièrement la déforestation parmi les principaux accélérateurs du changement climatique, si vous voulez creuser le sujet, on vous résume ce qu’il faut retenir du dernier rapport du GIEC.
  • Une biodiversité en chute libre : avec la disparition d’habitats essentiels pour de nombreuses espèces animales et végétales⁴.
  • Des violations des droits humains : les populations autochtones et locales voyant leurs moyens de subsistance fragilisés lorsque les écosystèmes dont elles dépendent disparaissent¹⁴.
  • Le développement de certaines maladies infectieuses, favorisé par la déstabilisation des écosystèmes⁴.

L’info lexique

Puits de carbone : réservoir naturel (comme une forêt ou un océan) qui absorbe et stocke le carbone atmosphérique, limitant l’effet de serre.

La déforestation en France, un cas à part

Après ce tour d’horizon mondial, recentrons-nous sur l’Hexagone. Bonne nouvelle pour commencer : contrairement à l’idée reçue, la France n’est pas en situation de déforestation nette. Sa surface forestière progresse même, année après année⁶ :

Indicateur

Chiffre

Part du territoire couverte par la forêt

31 %

Rang européen (surface forestière)

4ᵉ

Progression annuelle depuis 1980

+0,7 %

Surface en 1985

14,1 millions d’hectares

Surface en 2022

17,3 millions d’hectares

Cela ne veut pas dire que tout va bien pour autant. La forêt française fait face à des menaces bien réelles :

  • Les incendies massifs : 60 000 hectares détruits en 2022 en raison d’un feu de forêt, contre 9 000 en moyenne entre 2006 et 2021⁶.
  • Les maladies infectieuses et ravageurs : une mortalité des arbres en hausse de 80 % en 10 ans selon l’IGN⁶.
  • Le déséquilibre sylvo-cynégétique, lié à une surpopulation de cervidés et de sangliers qui empêche la régénération naturelle de certains massifs⁶.
  • Le changement climatique, qui intensifie les sécheresses estivales et accélère le dépérissement de certaines essences⁶.

Le saviez-vous ?

Il n’existe plus de forêt primaire (c’est-à-dire naturelle, sans intervention humaine importante) en France hexagonale, tant elle a été façonnée par l’exploitation humaine depuis des siècles⁶.

Le bois de chauffage, un accusé à tort ?

Puisqu’on parle de gestion et d’exploitation de la forêt française, une question revient souvent sur le sujet du chauffage : le bois est aujourd’hui la première énergie renouvelable en France, largement utilisé pour se chauffer via poêles, inserts, chaudières ou chaufferies collectives⁶. 

Brûler du bois pour se chauffer, est-ce que ça participe à la déforestation ?

En réalité, le bois utilisé pour le chauffage n’est généralement pas issu d’arbres abattus uniquement pour faire du combustible. Il s’agit le plus souvent de bois provenant des autres usages de la forêt ⁶:

  • lors des coupes forestières, les plus beaux troncs sont destinés à la construction, à la menuiserie ou à la fabrication de meubles (bois d’œuvre) ;
  • les branches, les arbres retirés lors des éclaircies et les bois de moindre qualité sont valorisés par l’industrie ou utilisés comme bois énergie ;
  • enfin, une partie des petits bois est volontairement laissée en forêt pour se décomposer naturellement. Cette matière organique est indispensable pour préserver la fertilité des sols et favoriser la biodiversité.

Autrement dit, le bois énergie s’inscrit dans une logique de valorisation de l’ensemble de l’arbre. Inutile de faire feu de tout bois en accusant votre poêle : il permet d’utiliser des parties qui ne peuvent pas être transformées en meubles, plutôt que de les gaspiller !

En revanche, comme toute ressource naturelle, le bois doit être prélevé de manière durable. Si les forêts sont surexploitées ou mal gérées, le chauffage au bois peut contribuer à la déforestation. Mais dans une forêt gérée durablement, utiliser du bois pour se chauffer ne signifie pas que l’on détruit la forêt : les prélèvements sont encadrés et la forêt continue de se renouveler.

Comment lutter contre la déforestation ?

Après ce diagnostic, place aux solutions : bonne nouvelle, elles existent, à toutes les échelles. Voici un tour d’horizon, du sommet des institutions jusqu’au fond de votre panier de courses.

À l'échelle globale

En France, la Stratégie Nationale de lutte contre la Déforestation Importée (SNDI), adoptée en novembre 2018, vise à mettre fin d’ici 2030 à l’importation de produits forestiers ou agricoles non durables contribuant à la déforestation, dans les filières cacao, hévéa, soja, huile de palme, bois et bœuf⁵.

À l’échelle européenne, le règlement européen sur les produits « zéro déforestation » impose des restrictions d’importation et d’exportation à tous les commerçants mettant sur le marché de l’UE des produits contribuant à la déforestation comme le bois, le cacao, le café, l’huile de palme ou le soja². 

D’autres acteurs se mobilisent également pour faire bouger les lignes :

  • Le WWF a lancé, avec plus de 100 autres ONG, le mouvement #Together4Forests, rassemblant plus d’un million de signataires pour peser sur les décideurs européens¹.
  • Greenpeace milite pour une application stricte de la législation européenne et pour le maintien de moratoires sur certaines filières à risque comme le soja⁴.

À l'échelle individuelle

Rassurez-vous, il n’est pas nécessaire de partir planter des arbres en Amazonie pour agir à votre niveau.

  • Adapter son alimentation : réduire sa consommation de produits à fort risque de déforestation (huile de palme, soja destiné à l’élevage) fait partie des leviers individuels les plus efficaces⁴.
  • Choisir des produits certifiés : les labels FSC et PEFC garantissent que le bois ou le papier acheté provient de forêts gérées durablement, on les retrouve facilement sur les emballages et la papeterie⁶.
  • Faire pression et s’informer : signer des pétitions de Greenpeace, suivre les campagnes des associations de WWF et rester vigilant sur l’origine des produits que l’on consomme sont des gestes simples mais loin d’être anecdotiques⁴.
  • Mesurer son impact : calculer son score carbone permet d’identifier les postes de consommation (alimentation, énergie, transport) sur lesquels agir en priorité.
  • Soutenir des projets de reforestation, via des associations ou des entreprises engagées.

Chez Ohm Énergie, nous soutenons les forêts françaises en partenariat avec Reforest’Action ! En choisissant l’option verte lors de votre souscription au gaz, vous contribuez à restaurer des forêts françaises et à préserver leur capacité à stocker du carbone sur le long terme. Une façon concrète de participer à la préservation des forêts.

Le saviez-vous ?

Chez Ohm Énergie, nous croyons que la transition énergétique et la préservation des forêts vont de pair. Découvrez notre offre d’électricité et de gaz verts pour faire un premier pas vers une consommation plus responsable, pendant que vous adoptez, à votre échelle, des habitudes qui comptent pour nos forêts.

Bref, à chacun d’entre nous de faire germer de bons réflexes au quotidien. Après tout, protéger les forêts, c’est tout simplement éviter de scier la branche sur laquelle on est assis !

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  1. WWF France, Mettre un terme à la déforestation
  2. Conseil de l’Union européenne, Déforestation
  3. ADEME, Les forêts : un écosystème essentiel, mais fragilisé
  4. Greenpeace France, Déforestation : causes, conséquences et solutions
  5. Ministère de la Transition écologique, SNDI, Stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée
  6. ADEME, La forêt française en 10 questions, guide (juillet 2024)
  7. ADEME, Forêts et renouvellement forestier : anticiper les enjeux et adapter la gestion de sa forêt face au changement climatique, infographie (mars 2025)
  8. Reforest’Action, La déforestation importée, qu’est-ce que c’est ?

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