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Ventilation naturelle : comment en créer une chez soi ?

Et si votre maison avait la capacité de se ventiler toute seule ? Avant l’arrivée des VMC électriques, les logements respiraient déjà grâce à deux alliés aussi discrets qu’efficaces : le vent et les différences de température. Aujourd’hui encore, la ventilation naturelle séduit de nombreux propriétaires de logements anciens qui sont adeptes de rénovation responsable. Avec la ventilation naturelle, vous renouvelez l’air intérieur en exploitant les forces de la nature, sans consommation d’électricité. On vous explique tout sur son fonctionnement et son installation.

Sommaire

À retenir 

  • La ventilation naturelle renouvelle l’air d’un logement sans système mécanique grâce aux différences de température et de pression, tout en contribuant à la qualité de l’air intérieur et aux économies d’énergie.
  • La réglementation impose une aération générale et permanente des logements, avec une circulation de l’air des pièces principales vers les pièces humides (arrêtés du 22 octobre 1969 et du 24 mars 1982, décret n°2002-120, RE2020).
  • Économique à l’installation (environ 500 € dans un logement neuf de 100 m²), la ventilation naturelle présente toutefois des performances variables selon les conditions climatiques et reste généralement moins performante qu’une VMC.

Qu’est-ce que la ventilation naturelle ?

La ventilation naturelle dans un logement utilise le renouvellement de l’air sans système mécanique.

Pourquoi est-il important de ventiler son logement ?

La ventilation d’une maison est primordiale pour plusieurs raisons :

1️⃣er argument, et pas des moindres : pour préserver sa santé en favorisant un air sain. Si on vous dit que l’air de votre logement est bien plus pollué que l’air extérieur, vous en doutez ? C’est pourtant vrai. L’habitat condense un flot de polluants impressionnants.

Parmi les 3 plus grandes sources polluantes chez nous, citons2 : les matériaux de construction, la décoration et l’ameublement (textiles, tapis, revêtements de mur, peinture, vernis, colle avec des composés organiques chimiques) ; les activités comme la cuisine, l’entretien de la maison avec des produits chimiques, les travaux de bricolage, sans compter le tabac pour ceux qui fument à l’intérieur ; nos équipements comme le chauffage ou la cheminée s’ils sont mal entretenus.

Bien que l’air extérieur puisse être chargé de gaz d’échappement ou encore de pollution industrielle, il en reste moins nocif que l’air de chez nous. 

Le chiffre clé :

les Français passent entre 60 à 70 % de leur temps à l’intérieur de leur logement3

2️⃣ème argument : un gain de confort avec un air frais. Aérer et ventiler chez soi permet d’entretenir une bonne qualité de l’air intérieur (QAI). Cela évite l’humidité, la condensation sur les fenêtres et les moisissures qui sont néfastes pour le bâtiment, mais aussi pour éviter problèmes respiratoires, l’asthme…

3️⃣ème argument du côté du porte-monnaie cette fois : une bonne ventilation naturelle ou mécanique permet de bonnes performances énergétiques et donc des économies d’énergie. L’air humide vous pousse à plus consommer de chauffage l’hiver qu’un air sec. Pour une bonne performance énergétique, une ventilation efficace est clé.

4️⃣ème argument : la loi impose un système de ventilation dans les logements. Il convient aux propriétaires de les faire installer et aux locataires de les entretenir (nettoyage, ne pas obstruer, signaler une panne).

Les chiffres clés : 

Le taux d’humidité dans une maison doit idéalement se situer entre 40 % et 60 % 2. Un défaut de ventilation fait rapidement grimper ce chiffre, favorisant les acariens et les moisissures. 

Le débit d’air minimum réglementé doit être de 0,3 m3/h par m2 de surface habitable suite aux exigences de la RT2012 et RE2020 5. Pour un diagnostic ou relève de mesure, l’utilisation d’un anémomètre est nécessaire.

Quelles sont les obligations et les textes officiels ?

La réglementation française impose une aération générale et permanente des logements afin de garantir un renouvellement d’air suffisant (arrêté du 24 mars 1982 7). Concrètement, l’air neuf doit entrer dans les pièces principales (salon, séjour, chambres) et circuler vers les pièces humides (cuisine, salle de bains, WC), où l’air vicié doit être évacué (arrêté du 22 octobre 1969 6 et arrêté du 24 mars 1982). Le système de ventilation doit fonctionner de manière à assurer un renouvellement d’air adapté aux besoins des occupants (décret n°2002-120 8 relatif au logement décent). Enfin, les bâtiments neufs doivent respecter des exigences renforcées en matière de performance énergétique et de contrôle des systèmes de ventilation (RE2020 9).

Est-il obligatoire d'avoir une VMC mécanique en France ? 

La VMC n’est pas obligatoire mais la loi impose un renouvellement de l’air permanent dans les logements. Le choix est laissé quant au type de système : ventilation naturelle, assistée ou mécanique (VMC) précise l’arrêté du 24 mars 1982 relatif à l’aération 4.

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Comment ça fonctionne ?

La ventilation naturelle fonctionne grâce à des phénomènes physiques simples : les différences de température (tirage thermique) et de pression (tirage éolien).

En pratique

Petit rappel de cours de physique : l’air chaud étant plus léger que l’air froid, il monte à l’intérieur d’une pièce et entraîne un tirage d’air dans la maison. Avec des entrées et sorties d’air organisées dans le logement l’air est évacué pour faire entrer de l’air frais 1.

🧐 Le tirage thermique ou l’effet cheminée : l’air chaud monte et sort par les ouvertures hautes ou conduits. Cela crée alors une dépression qui aspire l’air frais par le bas.

🧐 Le tirage éolien ou pression éolienne : l’effet du vent favorise l’entrée de l’air par les grilles et fenêtres. 

Quel est le matériel pour une ventilation naturelle ?

Concrètement, il faut des entrées d’air : fenêtres et grilles d’aération, et des sorties d’air : ouvertures en hauteur ou bouches d’extraction et conduits. Ainsi l’air circule, est balayé et se renouvelle. D’autres dispositifs, comme la cheminée de ventilation ou cheminée d’appel peuvent être associés.

Il existe aussi la ventilation mécanique contrôlée (VMC), qui aspire l’air de façon mécanique. Les VMC peuvent être basse consommation.

Aération VS ventilation naturelle

Ouvrir les fenêtres de façon ponctuelle, c’est-à-dire simplement aérer son logement, n’a rien à voir avec une circulation de l’air continue et organisée grâce à un système spécialement prévu pour cela.

Quels sont les types de ventilation naturelle ?

Pour créer votre ventilation naturelle, lors d’une rénovation dans l’ancien notamment, plusieurs choix s’offrent à vous. 

  • La ventilation unilatérale : l’air entre et sort par le même côté de la façade.
  • La ventilation transversale où l’air traverse le bâtiment.
  • La ventilation naturelle verticale fait entrer l’air par le bas et le fait quitter par le niveau supérieur du logement.
  • La ventilation naturelle assistée (VNA) ou ventilation hybride vient ajouter une assistance mécanique à la ventilation naturelle. Elle est une alternative plus économe en énergie pour renouveler l’air intérieur que la classique VMC avec simple flux ou double flux. 

💡 Sachez que les entrées d’air acoustiques existent aussi pour réduire le bruit venant de l’extérieur en permettant une bonne ventilation.

Comment installer une ventilation naturelle chez soi ?

Créer une ventilation naturelle dans sa maison ne s’improvise pas. Que ce soit dans le neuf en tant que solution écolo ou dans l’ancien pour limiter les travaux, des règles doivent être respectées. L’intervention d’un professionnel est vivement recommandée.

Tableau synthétique des règles d’or du balayage de l’air pour créer sa ventilation :

Pièce de la maison

Règle à respecter

Exigence et référence

Pièces sèches : salon, séjour, chambres, bureau

Assurer l’entrée de l’air neuf

Chaque pièce principale doit disposer d’une entrée d’air (fenêtres, murs bas) pour apporter de l’air neuf 7

Pièces humides ou techniques : cuisine, salle de bains, WC

Assurer l’extraction de l’air vicié

Les cuisines, salles de bains et WC doivent comporter des sorties d’air ou bouches d’extraction (murs hauts et conduits) 7

Circulation de l’air

Respecter le balayage du logement

L’air doit circuler librement des pièces principales vers les pièces de service 7

Portes intérieures (transit d’air)

Permettre le passage de l’air même porte fermée

Les passages de transit doivent être dimensionnés pour maintenir une différence de pression inférieure à 5 Pa entre les pièces 10

Détalonnage des portes en logement avec VMC

Faciliter le transit de l’air

Valeurs conventionnelles du DTU 68.3 : 1 cm sous les portes de chambres, salles de bains et WC ; 2 cm sous les portes de cuisine, séjour et dégagements 11

Principe général de ventilation

Garantir une aération générale et permanente

Entrée d’air dans les pièces principales → transit intérieur → extraction dans les pièces de service. 

Où placer les grilles d’aération pour une ventilation naturelle efficace ?

Les entrées d’air doivent se situer en bas dans les pièces de vie pour favoriser l’air neuf tandis que les bouches d’extraction se situent en haut dans les pièces humides pour évacuer l’air.

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Combien coûte une ventilation naturelle ?

Le coût peut être variable mais la solution reste l’une des plus économiques qu’il soit. Nous prenons ici l’exemple d’un logement neuf de 100 m2 où il faudra compter environ 500 € au total, voire moins, avec : 

  • 5 entrées d’air réglables ou multi-débits (environ 20 € pièce) ;
  • 3 grilles d’extraction cuisine / salle de bain et toilettes (environ 10 € pièce) ;
  • 5 grilles de transfert ou détalonnage portes (environ 5 € pièce) ;
  • 2 sorties extérieures (environ 15 € pièce)12 ;
  • les travaux estimés à environ 300 € environ pour 2 à 4 heures de pose pour un logement neuf en coordonnant cela à la construction 13.

🔎 À titre de comparaison, il faudrait compter un budget entre 600 et 1500 € pour une VMC simple flux en logement neuf, et une enveloppe entre 3 000 et 7 000 € pour une VMC double flux 14.

Regardons à présent l’installation de la même ventilation naturelle mais dans un logement ancien cette fois-ci. Le coût du matériel reste sensiblement faible mais à cela s’ajoute la main-d’œuvre plus élevée. Il faut ici compter le percement des murs, les créations d’entrées d’air, la création de conduits, l’éventuelle maçonnerie… Au total, l’estimation de cette rénovation peut se situer entre 500 et 1500 € au total selon la configuration de votre logement.

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Les bienfaits de la ventilation naturelle

Atouts et points faibles, on liste tout ça ici : 

Avantages

Inconvénients

économe, elle ne consomme pas d’énergie

dépend des conditions climatiques avec un débit qui varie

peu onéreuse à l’achat

peut ne pas offrir un renouvellement d’air suffisant, notamment l’été où la température extérieure n’est pas inférieure à celle intérieure pour bien fonctionner 

complètement silencieuse

installation pas possible dans tous les logements, doit être prévue en amont

 

peut entraîner des pertes de chaleur l’hiver

nécessite très peu d’entretien

ouvertures en façades parfois jugées inesthétiques 10

La ventilation naturelle fait-elle perdre de l’énergie en hiver ? 

Elle peut accroître les besoins énergétiques selon les conditions climatiques puisque l’air chaud intérieur est évacué et remplacé par de l’air froid. Le logement peut alors être surventilé. Pour limiter ces pertes, les grilles hygroréglables adaptent automatiquement les débits d’air en fonction du taux d’humidité et des besoins réels des occupants. La Ventilation Naturelle Assistée et Contrôlée (VNAC) améliore également la gestion des flux en combinant ventilation naturelle et assistance mécanique pour maintenir une bonne qualité d’air en réduisant les déperditions thermiques. Couplée à l’offre d’un fournisseur d’énergie verte comme Ohm Énergie, la VNAC peut être une solution idéale.

VMC ou ventilation naturelle : laquelle est plus efficace ?

La ventilation naturelle a de nombreux avantages et ne nécessite qu’un investissement minime. Toutefois avec un débit d’air qui n’est pas contrôlé et peut fortement varier, ce système est en général jugé moins performant qu’une VMC. Selon votre budget et les configurations de votre logement, des solutions alternatives peuvent aussi être trouvées comme la VNAC. Renseignez-vous auprès d’un professionnel.

1 Ventilation naturelle : définition et fonctionnement de cette solution sans VMC – BRIQ formation

2 Comment améliorer la qualité de l’air chez soi – Ademe

3 Institut de veille sanitaire, Description du budget espace- temps et estimation de l’exposition de la population française dans son logement, 2010.

4 Améliorer la ventilation naturelle – Plus frais au travail

4 Arrêté du 24 mars 1982 relatif à l’aération des logements – Legifrance

5  Ventilation : quelles sont les normes – Tout Faire

6   Arrêté du 22 octobre 1969 – Legifrance.gouv

7  Arrêté du 24 mars 1982 – Legifrance.gouv

8  Décret n°2002-120 du 30 janvier 2002 – Legifrance.gouv

9  Ecologie.gouv – réglementation environnementale RE2020

10 Quel est le détalonnage minimum des portes ? FFB

11 La ventilation naturelle – Association Qualitel

12 Castorama – grille d’aération

13 Selon les estimations de coûts de main-d’œuvre observées sur Habitatpresto et Travaux.com

14 Selon les estimations de Habitatpresto et Travaux.com

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