Soirée raclette : comment allier gourmandise et sobriété énergétique ?

À première vue, l’expression « raclette écologique » ressemble à un oxymore. Fromage à profusion, viande à gogo, montagnes de pommes de terre, appareils gourmands en énergie : tout semble pointer vers la catastrophe climatique. Et pourtant, des solutions alternatives existent, et elles ne vous obligent même pas à dire adieu à vos ingrédients préférés. 🧀🥔

Sommaire

📖  Résumé : 

  • Un repas raclette génère en moyenne 2 kg de CO₂ par personne, pouvant atteindre 2,5 kg avec l’appareil et le vin, et 73,5 % de ces émissions proviennent de l’agriculture.
  • Réduire la consommation d’électricité, utiliser la chaleur résiduelle, privilégier les heures solaires et adopter un appareil de seconde main permet de diminuer l’impact énergétique de la raclette.
  • Choisir des quantités raisonnables (200–250 g de fromage par personne), des produits locaux et labellisés, plus de légumes ou des alternatives végétariennes/vegan contribue à limiter l’empreinte carbone tout en évitant le gaspillage.

Quel est l’impact écologique de la raclette ?

Outre le poids qu’elle laisse parfois dans nos ventres après une soirée bien arrosée (on rappelle quand même que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé en passant 😉), la raclette a un impact environnemental bien réel.

L’empreinte carbone par personne de la raclette

En moyenne, un repas raclette génère environ 2 kg d’équivalent CO₂ par personne. À titre de comparaison, un plat de ratatouille de saison émet seulement 0,24 kg de CO₂. Et ce chiffre ne prend même pas en compte le cycle de vie des appareils à raclette ni le vin, rarement absent de la table. En intégrant ces éléments, on atteint plutôt 2,5 kg de CO₂ par convive¹.

Mais alors, d’où vient le problème ? 🤔

Le cycle de vie des produits

La majeure partie de l’impact carbone de la raclette provient tout simplement des produits qui la composent. De l’élevage des vaches à la transformation du lait cru en fromage, en passant par l’emballage, le transport et la distribution, chaque étape du cycle de vie émet des gaz à effet de serre.

Pour le fromage à raclette, l’empreinte carbone moyenne est estimée à 6,33 kg de CO₂ par kilo de produit². La répartition des émissions est sans appel :

  • Agriculture : 73,5 %
  • Emballage : 13,9 %
  • Transformation : 6,7 %
  • Transport : 3 %
  • Distribution : 1,4 %
  • Consommation : 0,4 %

En clair, le principal levier d’action se situe au niveau de la production agricole, et donc… de nos choix alimentaires.

Les aliments au cœur de l’impact

Le fromage

Quand on pense raclette, on pense évidemment fromage. Or, le fromage à raclette classique, souvent industriel et issu d’une production intensive, nécessite énormément de lait… et donc beaucoup (beaucoup !) de vaches. Problème : l’élevage bovin est l’un des plus gros émetteurs de gaz à effet de serre, notamment à cause du méthane produit par les ruminants. On ne vous fait pas de dessin, un emoji fera l’affaire 💨

La charcuterie

Jambon blanc, coppa, serrano, saucisson… délicieux, certes, mais très polluants. La production de viande implique non seulement des émissions directes de gaz à effet de serre, mais aussi une forte consommation de ressources : eau et nourriture pour les animaux, puis carburant pour le transport etc.

À titre d’exemple, en France, la viande rouge représente seulement 8 % des produits agricoles consommés par an, mais près de 59 % des émissions de GES³. Quand on dit que la taille ne compte pas…

Le vin

Le petit verre de rouge qui accompagne la raclette n’est pas neutre non plus. Selon une étude danoise, 1 litre de vin génère environ 6 kg de CO₂, contre 1,5 kg pour la bière¹. Cette empreinte élevée s’explique principalement par le transport et le poids des bouteilles en verre qui alourdit la note carbone. À noter également : le raisin fait partie des fruits les plus traités aux pesticides. Privilégier le vin bio est donc fortement recommandé.

Enfin, rappelons qu’il n’est absolument pas nécessaire de boire de l’alcool pour profiter pleinement d’une bonne soirée fromages 🧀. Aussi étonnant que cela puisse paraître, certains œnologues conseillent même de troquer le vin contre… du thé. L’accord fonctionnerait à merveille, notamment grâce aux propriétés désaltérantes de cette boisson chaude. Là où le vin blanc a plutôt tendance à assécher la gorge. Pour les moins téméraires (moi comprise), une eau minérale gazeuse avec un zeste de citron fera très bien l’affaire !

Le saviez-vous ?

Les cornichons, souvent importés d’Inde, parcourent des milliers de kilomètres avant d’arriver dans votre assiette. Vérifiez bien la provenance avant d’acheter. Il existe tout de même des producteurs Made in France !

L’électricité : l’autre point noir de la raclette

À l’image du fameux « radiateur grille-pain », les appareils à raclette consomment beaucoup d’électricité. Il doivent monter rapidement en température pour faire fondre le fromage, ce qui sollicite fortement la résistance, comme une bouilloire ou un grille-pain.

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Le gaspillage alimentaire

La raclette souffre aussi d’un grand classique : on prévoit souvent trop. Résultat, les restes finissent fréquemment à la poubelle… 🪰 en plus d’embaumer la cuisine pendant des jours. Un double gâchis, écologique et alimentaire.

Comment rendre une raclette plus écolo ?

Le constat peut sembler peu réjouissant, mais rassurez-vous : il est tout à fait possible de rendre ce moment convivial beaucoup plus responsable, sans renoncer au plaisir !

Des appareils à raclette plus responsables

Les bougies chauffe-plat

De plus en plus populaires, ils fonctionnent grâce à une simple bougie placée sous le poêlon 🕯️. Résultat : zéro électricité consommée… mais 100 % de patience activée ! 

Si vous avez peur que l’attente soit trop longue ou que l’expérience soit déceptive, voici quelques conseils pour choisir un appareil pas trop « inefficace » :

  • Misez sur un poêlon en métal fin (acier ou fonte émaillée) plutôt qu’en céramique épaisse : il montera en température plus rapidement.
  • Vérifiez le nombre de bougies : les modèles avec 2 ou 3 chauffe-plat diffusent une chaleur plus homogène et font fondre le fromage bien plus efficacement qu’un seul point de chauffe.

Attention également à choisir des bougies chauffe-plat naturelles, en cire d’abeille ou de soja, sans parfum, pour éviter les émanations chimiques… et les goûts douteux.

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La seconde main

Pas convaincu par la bougie ? (ça peut se comprendre). On ne le répétera jamais assez : acheter un appareil de seconde main (en ressourcerie, en vide-grenier ou sur un site de revente en ligne) est souvent une excellente option. Cela permet de donner une seconde vie à des objets qui auraient autrement fini au fond d’un grenier… ou à la déchetterie. En prime, ces appareils à raclette coûtent généralement bien moins cher et sont tout aussi efficaces que des modèles neufs.

Outre la seconde main, il est aussi possible de louer votre appareil, via des plateformes comme Les Biens en Commun. Pour celles et ceux qui ne font qu’une raclette par an, c’est clairement un bon plan, surtout si vous partagez la note entre convives.

Le neuf oui, mais...

Attention au greenwashing. Certains appareils à raclette neufs, comme ceux qui affichent une réduction de consommation électrique de 10 %, peuvent sembler vertueux. Mais ce gain est à relativiser si l’appareil est doté de revêtements antiadhésifs contenant des PFAS, des substances nocives pour l’environnement et la santé.

Voici quelques conseils pour bien choisir un appareil pas trop énergivore :

  • Puissance bien calibrée : pas besoin de voir trop grand. Entre 1 000 et 1 200 W, c’est largement suffisant pour 4 à 6 personnes.
  • Fonction maintien au chaud : elle limite les redémarrages inutiles de l’appareil.
  • Thermostat réglable : un vrai plus pour maîtriser la température… et la consommation d’énergie.
  • Revêtement antiadhésif : une cuisson plus efficace, sans accroche ni surchauffe.
  • Appareil polyvalent (pierrade, crêpière, etc.) : idéal pour rentabiliser l’achat sur plusieurs usages.

Adapter ses usages

Rendre une raclette plus écologique passe aussi par de petits ajustements dans nos habitudes. Le premier consiste à réserver ce repas convivial à des occasions ponctuelles, plutôt que d’en faire un rituel trop fréquent. Moins souvent, mais mieux : c’est aussi une façon d’en apprécier davantage le plaisir.

Pendant le repas, pensez à utiliser la chaleur résiduelle de l’appareil. Éteindre la raclette quelques minutes avant la fin suffit souvent à faire fondre les dernières tranches de fromage, tout en réduisant la consommation d’électricité.

  • La chaleur résiduelle désigne la chaleur qui reste dans un appareil ou un objet après qu’il a été éteint ou débranché.

Autre réflexe malin : baisser légèrement le chauffage avant de lancer la raclette, au lieu d’ouvrir les fenêtres après le repas. Les appareils à raclette dégagent beaucoup de chaleur, ce qui permet de maintenir une température agréable sans gaspillage. Dans le même esprit, couvrir la casserole des pommes de terre pendant la cuisson limite les pertes de chaleur et accélère la montée en température.

Enfin, lorsque c’est possible, mieux vaut privilégier les heures solaires ou heures creuses pour lancer son appareil. Bonne nouvelle : Ohm Énergie propose l’offre Modulo, avec une électricité moins chère pendant les heures solaires.

  • Les heures solaires correspondent aux périodes de la journée où l’électricité est produite à partir de sources renouvelables, principalement le solaire, et dont le coût pour le consommateur est généralement réduit.

Après tout, une raclette en plein jour, ça n’a jamais arrêté les vrais gourmands 😉

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Miser sur une raclette plus responsable côté assiette

Trouver les bonnes quantités

Plus facile à dire qu’à faire, mais le geste le plus simple reste de prévoir moins pour consommer moins. En moyenne, on compte 200 à 250 g de fromage par personne, mais il est tout à fait possible de réduire cette quantité en la compensant avec d’autres produits, comme les légumes. Résultat : un impact positif sur votre porte-monnaie, votre foie et, bien sûr, sur l’environnement.

Privilégier la proximité et les labels

Plutôt que de vous approvisionner dans le supermarché du coin, rendez-vous chez votre fromager, votre boucher, en boutique bio, voire directement chez le producteur si vous le pouvez, pour obtenir des produits locaux ! Niveau qualité, vérifiez les labels : bio (label AB), AOP (appellation d’origine controlée) pour le fromage et Label Rouge ou produits issus d’animaux élevés en plein air pour la viande.

Par exemple, la raclette Bonneterre dispose du label agriculture biologique. Le lait est d’origine France, le produit est fabriqué dans le Puy-de-Dôme, et il ne contient pas une ribambelle d’additifs (ces fameux “E” que l’on retrouve sur de nombreux emballages). 

Plus de légumes

Champignons, brocolis, carottes, betteraves, choux… Les légumes de saison se marient étonnamment bien avec le fromage fondu. D’ailleurs, en Suisse, la raclette se consomme souvent sans viande, avec de simples pommes de terre et un fromage de qualité. Alors, faites comme nos voisins helvètes et dégustez la “vraie” raclette ! Et oui, désolée de vous décevoir : la raclette n’est pas savoyarde, mais bien Suisse à l’origine. 🧀🇨🇭

Options végétariennes et vegan

De nombreuses marques proposent aujourd’hui des alternatives convaincantes : charcuterie végétale, fromage vegan, saucisson sans saucisson… De quoi réduire fortement l’impact environnemental sans sacrifier le plaisir.

Par exemple chez Official Vegan Shop, on trouve du jambon végétal chiffonnade de la marque La vie ou encore des tranches végétales sans speck vegan de la marque Valsoia.

Le saviez-vous ?

Le cubi de vin, plus léger que les bouteilles en verre, a un score carbone plus faible et se conserve plus longtemps.

Une fin de soirée responsable

Après une raclette, quelques gestes simples peuvent faire une vraie différence pour l’environnement et votre quotidien.

  • Nettoyer les résistances : un simple mélange de vinaigre et de bicarbonate suffit pour éliminer les résidus de fromage et de gras. Non seulement votre appareil restera en bon état plus longtemps, mais vous éviterez aussi la surchauffe inutile, qui consomme plus d’électricité.
  • Trier les emballages : papier, carton, plastique… chaque emballage a sa filière de recyclage. Prendre quelques minutes pour trier correctement contribue à réduire les déchets et à donner une seconde vie aux matériaux.
  • Recycler les restes : le fromage non utilisé peut facilement être intégré dans des gratins, des quiches ou des sauces, tandis que les légumes et pommes de terre peuvent être transformés en soupes ou en salades. Non seulement cela évite le gaspillage, mais cela vous offre aussi des repas pratiques pour le lendemain : vos collègues ou votre famille vous remercieront ! 😉

Vous voyez, la raclette écologique, ce n’est pas si paradoxal que ça en a l’air ! Avec quelques ajustements (dans le choix des ingrédients, la quantité de fromage, l’électricité utilisée ou le recyclage des restes) il est tout à fait possible de se faire plaisir avec ce plat réconfortant tout en protégeant notre planète. 🧀🌱

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  • ¹Huffington Post : Journée mondiale de la raclette : comment limiter le bilan carbone de cette recette conviviale
  • ²Agrybalise Ademe : Raclette (fromage)
  • ³Ademe : Empreinte carbone et sol de la phase agricole de l’alimentation des Français
  • Service public : origine des cornichons

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