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Matériaux résistants à la chaleur : comment choisir les bons isolants pour protéger votre logement en été ?

Les épisodes de forte chaleur se multiplient et gagnent en intensité en France. Face à ces températures extrêmes, le premier réflexe est souvent d’installer un climatiseur. Plutôt que de rafraîchir un logement qui accumule la chaleur, pourquoi ne pas simplement l’empêcher de surchauffer ? Une isolation performante, des matériaux adaptés et des protections solaires permettent de conserver un intérieur plus frais, tout en limitant le recours à la climatisation.

Sommaire

À retenir 

  • Une bonne isolation, des protections solaires et des matériaux adaptés permettent de limiter le recours à la climatisation.
  • Pour améliorer durablement le confort d’été, il est essentiel de choisir des isolants performants selon plusieurs critères comme la résistance thermique, la densité et le déphasage thermique.
  • Des aides financières comme MaPrimeRénov’, les CEE ou l’Éco-PTZ peuvent accompagner les travaux d’isolation sous certaines conditions.

Quels travaux réaliser pour améliorer son confort d'été ?

Si vous souhaitez améliorer durablement le confort d’été de votre logement, il peut être pertinent d’entreprendre des travaux de rénovation thermique. La priorité est généralement de renforcer l’isolation des murs et de la toiture.

En effet, une isolation insuffisante des parois opaques favorise les surchauffes en été, tout en étant responsable d’importantes déperditions de chaleur en hiver : environ 30 % des pertes d’énergie d’une maison proviennent de la toiture, 25 à 30 % des murs, 7 à 10 % des planchers bas et 10 à 15 % des fenêtres¹.

-> Plus bas, retrouvez les bons réflexes à adopter pour vous protéger de la chaleur sans dépenser un euro !

Quels sont les critères d'une isolation performante pour le confort d'été ?

Pour lutter contre la chaleur, on va rechercher des matériaux capables de ralentir la pénétration de la chaleur dans le logement. Pour s’assurer que les matériaux soient résistants à la chaleur, et, in fine, une garantir bonne isolation thermique, quatre critères principaux sont à prendre en compte : la résistance thermique, la conductivité thermique, la capacité thermique massique, et la densité du matériau.

  • La capacité d’un isolant à freiner les transferts de chaleur. On parle de résistance thermique R, ou de résistance à la chaleur. Elle s’exprime en m²·K/W. Plus R est élevé, plus l’isolant est performant. Elle dépend de l’épaisseur de l’isolant et de sa conductivité thermique.
  • La facilité avec laquelle la chaleur traverse un matériau. C’est la conductivité thermique, notée λ (lambda). Elle s’exprime en W/(m·K). À épaisseur équivalente, plus λ est faible, plus le matériau est isolant.
  • La quantité de chaleur qu’un matériau peut absorber avant de voir sa température augmenter. On parle de la capacité thermique massique (c) ou d’inerthier thermique du matériau. Plus cette valeur est élevée, plus l’isolant est capable de stocker la chaleur sans la transmettre rapidement à l’intérieur du logement. Elle s’exprime en J/(kg·K). Cet indicateur joue un rôle important dans le confort d’été.
  • La capacité du matériau à stocker davantage de chaleur par unité de volume. C’est ce qu’on appelle sa densité, elle s’exprime en  kg/m³. Une densité plus élevée contribue généralement à un meilleur confort d’été.

Enfin, il est important de tenir compte du temps que met la chaleur extérieure à traverser un matériau isolant pour atteindre l’intérieur du logement. C’est ce qu’on appelle le déphasage thermique. Pour un bon confort d’été, on recommande un déphasage thermique d’au moins 10 à 12h. En gros, quand le soleil commence à taper à 9h, la chaleur, elle, ne commence à entrer dans la maison qu’à partir de 19h, au moment où les températures redescendent un peu. Vous pouvez alors ouvrir les fenêtres pour éviter l’effet étuve dans votre habitation.

-> Le déphasage thermique n’est pas une caractéristique propre à un isolant. Il dépend de l’ensemble de la paroi (isolant, murs, parements, épaisseurs, etc.). C’est pour cela que vous ne trouverez pas cette notion sur les fiches produits de vos matériaux !

Quels matériaux répondent à ces critères ?

Vous l’aurez compris, les matériaux qui offrent le meilleur confort thermique d’été sont ceux qui ralentissent la pénétration de la chaleur dans le bâtiment grâce à leur capacité thermique (aptitude à stocker la chaleur) et à leur densité.

Les matériaux regroupant ces avantages sont généralement des matériaux biosourcés, on trouve par exemple la fibre de bois, la ouate de cellulose, ou encore le liège expansé. Néanmoins, il faut retenir que l’isolant ne fait pas tout. Pour limiter efficacement la chaleur en été, il est également essentiel de prévoir des protections solaires (volets, stores, brise-soleil), une bonne étanchéité à l’air, une ventilation nocturne et, en toiture, des teintes claires ou une bonne lame d’air sous la couverture.

Tableau de spécifications techniques (Performance des matériaux isolants en été) :

Isolant

Conductivité thermique λ (W/m.K)²

Masse volumique (densité) ρ (kg/m³)²

Capacité thermique Cp (J/kg.K)²

Déphasage indicatif pour 20 cm d’épaisseur

Ouate de cellulose

0,037 – 0,042

30 – 70

2 000

10 à 12 heures³

Fibres de bois denses

0,038 – 0,049

110 – 240

2 000 – 2 100

15 heures³

Laines biosourcées

0,032 – 0,047

20 – 80

1 350 – 1 800

6 heures³

Béton de chanvre

0,06 – 0,15

200 – 800

1 350 – 1 800

Botte de paille

0,052 – 0,080

80 – 120

1 550

Liège expansé

0,037 – 0,044

65 – 180

1 600 – 1 900

15 à 19 heures³

Chanvre en vrac

0,048

110 – 210

200 – 370

Laines minérales nues

0,030 – 0,045

10 – 150

800 – 1 000

6 heures³

Verre cellulaire (panneau)

0,041

115

1 000

Verre cellulaire (granulat)

0,075 – 0,12

170 – 250

1 000

Perlite, vermiculite, argile expansée

0,05 – 0,12

90 – 700

900 – 1 000

Polystyrène expansé

0,032 – 0,038

10 – 30

1 200 – 1 400

Polystyrène extrudé

0,028 – 0,040

15 – 30

1 000

Polyuréthane

0,022 – 0,028

30 – 40

1 000

Légende : Le déphasage thermique indiqué correspond à un ordre de grandeur pour 20 cm d’isolant dans une paroi type et peut varier selon la constrcution.

Pour choisir des matériaux répondant aux critères de performance, fiez-vous aux certifications. La seule certification obligatoire est le marquage CE, qui atteste de la conformité du produit aux exigences européennes. Pour les isolants, la certification ACERMI est une double référence. Bien que facultative, elle certifie de manière indépendante leurs performances thermiques (résistance thermique, conductivité, comportement à l’humidité, etc.). Si vous demandez des aides à la rénovation énergétique, la certification ACERMI peut servir de justificatif attestant que l’isolant répond aux critères de performance exigés.

Pour les fenêtres et vitrages, les certifications CEKAL et Acotherm, ainsi que le classement AEV, permettent d’évaluer leurs performances d’isolation, d’étanchéité à l’air, à l’eau et au vent.

Enfin, à l’échelle européenne, la certification Keymark constitue également un gage de qualité, mais reste facultative. Pour les matériaux de construction isolants (béton cellulaire, briques réfractaires…), les certifications NF ou CSTBat attestent de leurs performances et de leur aptitude à l’emploi.

Les aides financières pour remplacer son isolation

Réaliser des travaux d’isolation chez soi représente un coût important qui peut – malheureusement – parfois décourager les propriétaires à se lancer. Pourtant, ces améliorations jouent un rôle essentiel. Elles permettent non seulement de valoriser un bien immobilier, mais aussi d’améliorer le confort au quotidien, été comme hiver, tout en réduisant les dépenses énergétiques.

Aujourd’hui, l’isolation n’est plus seulement une question de confort. C’est aussi un véritable enjeu réglementaire puisque les logements affichant un DPE compris entre E et G, font progressivement l’objet de restrictions, notamment concernant leur mise en location.

Vous pouvez donc bénéficier d’aides financières accordées par l’État pour réduire le coût des travaux. Ces aides sont généralement accessibles aux propriétaires occupants comme aux propriétaires bailleurs, pour les logements achevés depuis plus de deux ans, sous réserve de respecter les conditions d’éligibilité propres à chaque dispositif.

  • MaPrimeRénov’ : le montant de l’aide dépend de plusieurs critères, comme les revenus du foyer, le type de logement et la nature des travaux réalisés.
  • Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) : aide versée par les fournisseurs d’énergie et les acteurs du secteur énergétique pour certains travaux, comme l’isolation des murs, des combles ou des planchers. Le montant de la prime varie notamment selon le type de travaux, la localisation du logement, le fournisseur et les caractéristiques du ménage.
  • L’Éco-prêt à taux zéro (Éco-PTZ) : permet de financer des travaux de rénovation énergétique sans payer d’intérêts sur le crédit.
  • La TVA réduite à 5,5 % : Dans le cadre de certains travaux de rénovation énergétique, les ménages peuvent bénéficier d’un taux de TVA réduit à 5,5 % au lieu du taux normal de 20 %.

Avant de commencer un projet d’isolation, il est conseillé de vérifier les conditions d’éligibilité propres à chaque dispositif, car les critères d’attribution et les montants des aides peuvent évoluer.

Le mieux pour vos travaux d’isolation est aussi de faire appel à un professionnel France Rénov’ qui saura vous orienter sur les démarches à suivre et les professionnels à contacter.

Les aides financières à la rénovation énergétique sont conditionnées à l’intervention d’une entreprise ou d’un artisan certifié Reconnu Garant de l’Environnement (RGE). Avant de vous lancer dans vos travaux d’isolation, vérifiez donc bien les conditions d’éligibilité afin de ne pas compromettre votre accès aux dispositifs d’aide.

Suivre l'évolution de ses consommations avec l'application OHMY

Pour mieux maîtriser sa consommation d’énergie, encore faut-il pouvoir la suivre facilement. Notre application OHMY vous permet de consulter l’évolution des consommations électriques et de mieux comprendre vos habitudes énergétiques.

En consultant régulièrement vos données de consommation, il devient plus simple de détecter les périodes de forte consommation, de mesurer l’impact des éco-gestes réalisés et d’ajuster ses usages pour réduire durablement sa facture énergétique.

Les bons réflexes contre la chaleur sans faire de travaux

Pour limiter les surchauffes estivales, certains travaux sont plus efficaces que d’autres. Néanmoins, la mise en place de certaines habitudes vous permettra dans un premier temps de limiter les apports de chaleur et de conserver un intérieur plus agréable. Selon l’ADEME, au-delà des apports de chaleur internes dans le logement tels que les équipements électroménagers et de production d’énergie, les habitants eux-mêmes ou les réseaux d’eau chaude, les sources de chaleur viennent principalement des parois vitrées, des parois opaques (murs et toiture), et des apports d’air par l’ouverture des fenêtres.

Le premier levier, mais aussi le plus facile à mettre en place, va donc être de limiter les entrées de chaleur issues des parois vitrées. Pour cela, sachez que les protections solaires installées à l’extérieur des fenêtres sont plus performantes que celles placées à l’intérieur. En arrêtant une partie du rayonnement solaire avant qu’il n’atteigne le vitrage, elles limitent plus efficacement les apports de chaleur dans le logement. À l’inverse, une protection intérieure réfléchit une partie du rayonnement, mais la chaleur reste en grande partie piégée derrière la vitre et continue de réchauffer l’intérieur.

Si vous envisagez de remplacer vos fenêtres ou d’installer des protections solaires, un indicateur mérite une attention particulière : le facteur de protection solaire (gtot). Il mesure la quantité de chaleur qui pénètre dans le logement lorsque le vitrage est associé à une protection solaire. Plus le gtot est faible, plus la protection contre la chaleur est efficace. Ce coefficient figure généralement dans la documentation technique des fabricants ou peut être fourni par l’installateur. Il est calculé à partir du facteur solaire (g) du vitrage, qui indique la part d’énergie solaire transmise à travers la vitre seule.

En complément, voici quelques réflexes « boucliers thermiques » à adopter pour rafraîchir une pièce :

  • Fermer les volets ou les stores dès le matin avant que le soleil ne chauffe les pièces.
  • Déployer un store-banne ou végétaliser les abords des fenêtres pour créer de l’ombre devant les fenêtres exposées.
  • Occulter temporairement les vitrages avec un film solaire ou du blanc de Meudon (de préférence appliqué à l’extérieur).
  • Aérer les pièces uniquement lorsque la température extérieure devient plus fraîche, en créant un courant d’air entre deux ouvertures opposées.
  • Créer des mouvements d’air à l’aide de brasseurs d’air ou de ventilateurs de plafond pour favoriser une sensation de frais.

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